Optique : des tarifs limités pour les bénéficiaires de l’aide à la complémentaire santé

A l’occasion de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2014, qui a débuté hier, plusieurs mesures sont sous le feu des projecteurs. A commencer par un amendement "inattendu" déposé hier par le gouvernement qui vise à "limiter les tarifs des prestations optiques pour les ménages aux revenus très modestes", expliquent Les Echos (page 4).

Cette mesure est particulièrement destinée aux personnes qui bénéficient de l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (ACS), c’est-à-dire, précisent Les Echos, celles dont les revenus ne dépassent pas 967 euros mensuels pour une personne seule. L’amendement présenté à l’Assemblée consiste à étendre à ces bénéficiaires le dispositif d’encadrement des tarifs optique déjà en place pour les détenteurs de la couverture maladie universelle (CMU).

Des négociations entre la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), les opticiens et les représentants des complémentaires santé devront aboutir à "fixer les tarifs maxima applicables pour les prestations optiques délivrées aux bénéficiaires de l’aide à la complémentaire santé". En cas d’échec, "l’exécutif menace de procéder unilatéralement, par décret", explique le quotidien.

Autre amendement "que des parlementaires et des associations" tentent d’imposer à l’occasion de l’examen du PLFSS. Il concerne des dizaines de milliers de Français qui, par le simple fait qu’ils ont travaillé moins de 200 heures lors des trois mois avant un arrêt maladie, se retrouvent sans indemnités journalières, signale Le Monde (page 12).

"Le simple fait d’avoir travaillé au cours d’une période de référence – peu importe le nombre d’heures – devrait suffire a être indemnisé", estime Stéphane Gobel, coordinateur au Collectif interassociatif sur la santé. Avant l’été dernier, 138 parlementaires avaient interpellé le gouvernement pour mettre fin à cette restriction et "certains semblent prêts à déposer un amendement", prévient le quotidien. "Ils ont jusqu’à vendredi pour le faire", dernier jour de l’examen du PLFSS.

D’ici là, les députés devront débattre de nouvelles taxes, ajoute Le Parisien/Aujourd’hui (page 8). Afin de dégager 600 millions d’euros, le gouvernement projette d’uniformiser à 15,5% les prélèvements sociaux des plus-values réalisées sur les placements financiers que sont le plan d’épargne en actions (PEA), le plan d’épargne logement (PEL) et l’assurance-vie (multisupport uniquement), et cela depuis l’ouverture du produit d’épargne. Une rétroactivité qui paraît illégale aux yeux de certains observateurs.

Les députés débattront également de médicaments, complète le quotidien, poste sur lequel le gouvernement cherche à réaliser 960 millions d’économies. Pour ce faire, remarque La Croix (page 8), "la délivrance des médicaments à l’unité" est, entre autres, à l’étude pour lutter contre la surconsommation. Dans cet élan, indique Le Parisien/Aujourd’hui, un autre parlementaire, le sénateur (PS) Yves Daubigny, suggère de développer la prescription en "dénomination commune internationale" (DCI). Une façon d’encourager la délivrance des génériques.

La famille change de modèle
Selon la dernière étude "Famille et logements 2011", rendue publique hier par l’Insee, la physionomie de la famille traditionnelle française a changé. En effet, rapporte Libération (page 15), "s’il reste 71% d’enfants (sur les 13,7 millions de mineurs recensés en 2011) qui vivent encore dans une famille avec ses deux parents, ils sont désormais 18% à grandir dans une famille monoparentale et 11% dans une famille recomposée". En d’autres termes, titre Le Figaro (page 10), "un enfant sur quatre ne vit pas avec ses deux parents".

Un focus sur les 720.000 familles françaises recomposées montre que 740.000 enfants vivent avec leur mère et son compagnon et 200.000 avec leur père et sa compagne, relève Libération. Attention : une famille traditionnelle peut aussi "cacher de la recomposition". En effet, poursuit le journal, "140.000 enfants qui vivent avec papa-maman voient de temps en temps débarquer des demi-frères et/ou des demi-sœurs plus âgés qui ont quitté le nid".

Cette étude se penche également sur la place des grands-parents. Selon Le Parisien/Aujourd’hui (page 14), ils représentent un quart de la population, soit 15 millions de Français. Avec le temps, souligne Le Figaro (page 10), leur âge a changé : en 1998, les femmes devenaient grands-mères à 51,5 ans ; désormais elles le sont dès 54 ans. Pour ce qui est des hommes, ils le deviennent à 56 ans. Par ailleurs, à 75 ans, les Français ont en moyenne 5 petits-enfants, mais la tendance devrait diminuer car la taille des familles s’est concentrée sur deux enfants et les familles nombreuses se sont raréfiées.

Frédéric Lavignette