Obama se refait une santé

La Cour suprême des Etats-Unis a va­lidé hier la réforme de l'assurance maladie, une décision qui touche 32 millions d'Américains dépourvus de toute couverture maladie et sonne comme une victoire retentissante pour Barack Obama, en pleine campagne pour sa réélection. "A quatre mois de l'élection présidentielle du 6 novembre, c'est une victoire majeure inespérée pour le candidat à sa propre succession", estiment Les Echos (page 8).

"Selon la plupart des experts, le risque d'une invalidation partielle ou totale de l'”Affordable Care Act” (ACA) de 2010 était élevé", ajoute le quotidien économique. Sous le titre "Santé : Obama gagne en assurance", Libération (page 5) fait la même analyse en saluant "une victoire capitale" des Etats-Unis.

"Après tout ce brouhaha, le jugement renforce sans aucun doute la crédibilité d'Obama et il en profitera pour faire faire valoir cette décision à chaque fois qu'il pourra", estime dans Libération Marion Just, professeure de sciences politiques au Wellesley College. "C'est un vrai succès pour lui, parce qu'il s'est personnellement impliqué, mais aussi pour tous ceux qui pensent que l'on ne peut pas continuer avec le système de santé tel qu'il existe dans ce pays. Pour les républicains, c'est un désaveu cinglant", ajoute-t-elle.

Au terme de trois mois de débats passionnés, le président conservateur de la Cour suprême, John Roberts, a sauvé la loi en joignant sa voix à celles des quatre juges progressistes sur les neuf que compte la plus haute juridiction du pays. La principale disposition, et aussi la plus contestée par les républicains, oblige tous les Américains à se doter d'une assurance maladie avant 2014, sous peine d'amende, souligne Libération.

Le quotidien rappelle que durant sa campagne, en 2008, Obama avait fait la promesse de voir tous les Américains bénéficier d'une assurance maladie, alors que les soins aux Etats-Unis représentent des "coûts exorbitants". Le candidat à la présidentielle avait alors affirmé que son projet de loi permettrait de réduire les factures de chaque personne ayant un problème de santé et de protéger plus de 32 millions d'Américains dépourvus de couverture maladie, rappelle Le Parisien/Aujourd'hui (page 5).

"Cette décision est une victoire pour tous ceux qui, dans tout le pays, sont plus en sécurité grâce à cette loi et à la décision de la Cour suprême de la valider", a déclaré Barack Obama depuis la Maison Blanche, rapportent Les Echos (page 8).

La Touraine veut imposer les génériques
Depuis le 15 juin, la caisse primaire d'assurance maladie (Cpam) de Tours (Indre-et-Loire) demande aux pharmaciens de ne plus accorder le bénéfice du tiers payant aux assurés qui refusent les médicaments génériques, constate La Croix (page 6). Grâce à cette mesure, la Cpam espère réaliser plus de 15 millions d'euros d'économies par an dans le département. Outre l'Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher pour la région Centre, la Sarthe et la Loire-Atlantique, qui font partie du Pays de Loire, testent aussi ce système, d'abord expérimenté en Ile-de-France. Isabelle Plée, pharmacienne à Rochecorbon, dans la banlieue cossue de Tours, compte sur la promotion des génériques "pour réussir à préserver notre système de santé". Dans son officine, elle prend le temps d'expliquer "l'importance de ce choix" à ses clients, qui se montrent le plus souvent "réceptifs".

De son côté, Pascal Moussu, délégué départemental du syndicat MG-France, n'est pas hostile à cette démarche, qui "va dans le sens de l'histoire". Pour autant, il observe une perte de confiance des patients et des professionnels de santé qui s'interrogent, selon lui "à juste titre", sur les normes et la qualité de certains génériques utilisés dans le traitement des maladies cardiovasculaires ou de l'épilepsie. Depuis l'affaire du Mediator®, Isabelle Plée constate elle aussi une certaine méfiance : dans sa pharmacie de Rochecorbon le taux de substitution du princeps par un générique est passé de 80 à 70%.
John Sutton