Nicolas Sarkozy : CMU, RSA et immigration

Invité hier soir de l'émission "Des paroles et des actes" sur France 2, "le président sortant a passé l'essentiel de son intervention à justifier son bilan et a fait son mea culpa sur les erreurs de son quinquennat", estime Le Parisien/Au­jourd'hui (page 4). "C'est sur l'immigration que le candidat est allé le plus loin", juge Libération (page 5), qui ironise sur ce "virage pâle". Nicolas Sarkozy a annoncé vouloir diviser par deux, autour de 100.000, le nombre d'immigrés accueillis chaque année en France. "Notre système d'intégration est en panne car nous avons trop d'étrangers sur notre territoire", a-t-il indiqué tout en se défendant d'une "droitisation".

Les "efforts d'insertion" de tous les bénéficiaires du RSA seront "évalués tous les dix-huit mois", précise Le Figaro (page 4). Cette réforme se cumulera à la proposition de généraliser l'obligation de travailler sept heures par semaine pour les bénéficiaires du RSA qui n'ont aucune activité. L'attribution du RSA et du minimum vieillesse pour les étrangers sera réservée aux résidents depuis dix ans et salariés depuis cinq ans en France.

En revanche, le président-candidat a déclaré qu'il ne souhaitait "pas remettre en cause la générosité des Français à l'égard des étrangers" en matière de santé, souligne Le Figaro. En cas de réélection, il a promis de ne pas toucher aux conditions d'attribution de la CMU, qui restera accessible à toute personne résidant en France depuis plus de trois mois. Pas de remise en cause non plus de l'aide médicale d'Etat (AME) aux immigrés en situation irrégulière. "On les soigne et ensuite on les renverra chez eux", annonce Nicolas Sarkozy, cité dans Le Figaro.

Coïncidence du calendrier, le Fonds de financement de la CMU publiait lundi son rapport d'évaluation annuel. Le nombre d'attestations pour obtenir une aide à l'acquisition d'une complémentaire santé (ACS) a bondi à 763 000 en 2011, soit une hausse de près de 21%, soulignent Les Echos (page 4). Mais le taux de non-recours à cette prestation reste très élevé puisqu'il s'établit à près de 75%. La population éligible était en effet proche de 3 millions de personnes l'an dernier. "De nombreux efforts ont déjà été entrepris pour remédier à cet état de fait aussi choquant qu'incompréhensible, estime Jean-François Chadelat, directeur du Fonds de financement de la CMU. Il faut persévérer et sans doute lancer d'autres actions nationales."

Présidentielle : accès aux soins et dépassements d'honoraires
La Fnath (accidentés de la vie) a publié hier les réponses des candidats à la présidentielle à son questionnaire, qui abordait notamment l'accès aux soins et l'indemnisation des malades et accidentés du travail, indiquent Les Echos (page 4). Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) veut "rétablir le remboursement intégral à 100% des dépenses de santé couvertes par la Sécurité sociale, en y incluant les lunettes et les soins dentaires et auditifs".

De son côté, Eva Joly (EELV) prévoit d'investir 4,1 milliards d'euros pour "offrir un accès universel et gratuit à la santé". Pour sa part, François Hollande insiste sur les dépassements d'honoraires qu'il faut "encadrer par région et par spécialité". François Bayrou (Modem) veut, lui, instituer un "bouclier santé" pour les personnes juste au-dessus des minima sociaux. Quant au président sortant, il envisage "d'expérimenter, sur un petit nombre de pathologies chroniques, le financement [des médecins] à la pathologie". Pour l'indemnisation des victimes du travail, le consensus est assez large. François Hollande et Eva Joly ont été les premiers à signer la charte d'engagement de la Fnath pour l'adoption d'une "loi juste".
John Sutton