Municipales 2008 : avantage à gauche

"Un air de printemps", titre Libération en "une" pour souligner la poussée de la gauche au premier tour des élections municipales. "La droite résiste mieux que prévu", analyse, pour sa part, Le Figaro en "une". Pour Le Parisien/Aujourd’hui, ce premier tour sonne comme un "avertissement" donné à la majorité. A l’échelon national, les listes de gauche et des Verts obtiennent plus de 47% des voix, contre 45% à la droite, selon un calcul du ministère de l’Intérieur portant sur 26 millions d’inscrits. La participation se situerait autour de 61%, contre plus de 67% au premier tour des municipales de 2001.

A Lyon, le maire socialiste sortant, Gérard Collomb, a créé la surprise en conservant dès le premier tour cette ville conquise en 2001 et en infligeant de fait une sévère défaite à l’ancien ministre UMP, Dominique Perben, note Libération (page 7). A Paris, avec près de 42% des suffrages, Bertrand Delanoé paraît assuré de conserver la mairie. L’UMP l’emporte dans son bastion du XVIe arrondissement, mais la garde des Sceaux, Rachida Dati, est contrainte à un second tour dans le VIIe arrondissement.

A Rouen, la socialiste Valérie Fourneyron ravit la ville au maire sortant, avec près de 56% des voix (Libération page 8). Laval, Alençon, Bourg-en-Bresse, Annonay et Rodez ont également basculé à gauche. Le PS conserve, dès le premier tour, ses bastions de Dijon, Le Mans, Poitiers, Cherbourg, La Rochelle, Tourcoing, Auxerre. Il est bien placé à Lille, Caen, Strasbourg, Rennes, Brest, Hénin-Beaumont (face à Marine Le Pen du Front national), mais aussi Quimper, Narbonne, Blois et Mende, voire, même si l’écart est serré, Toulouse, Aix-en-Provence et Amiens.

A Reims, des luttes fratricides à droite font le jeu du PS pour le second tour. A Pau, le président du MoDem, François Bayrou, est en ballottage serré et se trouve dans une "inconfortable triangulaire", selon Le Parisien/Aujourd’hui (page 6). Au niveau national, François Bayrou a déclaré qu’il ne donnera "pas de consigne générale" de vote et examinera la situation "ville par ville, candidat par candidat".

Cet avantage pour la gauche n’est pas pour autant un raz-de-marée. "Les chiffres sont plus équilibrés que ce qui nous avait été annoncé", a déclaré hier le Premier ministre, note Le Figaro (page 2). En effet, la droite résiste dans plusieurs villes symbole, comme à Marseille où avec 41% des suffrages, contre 39% à son adversaire socialiste, le maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin "aborde le second tour plus serein", observe Le Figaro (page 10). La droite conserve aussi ses bastions de Toulon, Troyes, Epinal et Meaux. A Bordeaux, où il avait subi un revers aux législatives, l’ancien Premier ministre, Alain Juppé, est élu dès le premier tour avec 56,62% des voix.

Quant aux ministres-candidats, seuls quatre des 22 postulants abordent en situation délicate le second tour des municipales. En effet, Christine Lagarde (Economie) et Christine Albanel (Culture) sont très largement distancées à Paris. Pour leur part, Xavier Darcos (Education), maire sortant de Périgueux, devra batailler ferme face au candidat socialiste et Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, est en ballottage à Colombes, relève Le Figaro (page 6). Leurs collègues Laurent Wauquiez (porte-parole du gouvernement) et Luc Chatel (Consommation) ont été élus dès le premier tour. Pour L’Humanité (page 3), "les premières tendances confirment l’implantation du PCF". Ce quotidien note que Vierzon et Dieppe ont été conquises dès le premier tour.

Largement occultées par les municipales, les cantonales devraient être encore plus favorables aux socialistes. Deux leaders du PS, François Hollande en Corrèze et Arnaud Montebourg en Saône-et-Loire, s’apprêtent déjà à occuper la présidence de conseil général, indique Le Parisien/Aujourd’hui (page 13).

Règlement de comptes au Medef
La tension au sein du patronat est encore montée d’un cran ce week-end entre la présidente du Medef et l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), note Le Figaro-économie (page 27). Laurence Parisot a annoncé samedi qu’elle allait déposer plainte pour diffamation, après les affirmations de Denis Gauthier-Sauvagnac selon lesquelles elle aurait été informée des retraits suspects de l’UIMM "avant l’été". Dans un entretien au Monde (page 9), la "patronne des patrons" affirme qu’elle a eu connaissance des sorties de fonds en liquide, seulement "la veille de la publication des faits, par un coup de fil d’un journaliste", soit le 25 septembre 2007. Par ailleurs, selon Le Parisien/Aujourd’hui (page 15), l’UIMM aurait envisagé de prendre ses distances avec le Medef, afin de monter une structure patronale concurrente.

John Sutton