Mortalité sur les routes : tour de vis contre l’alcool au volant

"L’Etat relance la bataille contre l’alcool au volant", titre Le Figaro en "une". En effet, lors d’un conseil interministériel sur la sécurité routière, le Premier ministre, François Fillon, a annoncé hier un large éventail de mesures contre l’alcool au volant. Il s’agit désormais de la première cause de mortalité sur les routes, après la vitesse. L’objectif du gouvernement est de passer sous la barre des 3.000 morts en 2012, contre 4.615 l’an dernier.

La mesure la plus spectaculaire est la confiscation du véhicule de tout automobiliste conduisant sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants et déjà condamné pour ce délit. Un éthylotest antidémarrage sera également imposé aux conducteurs contrôlés avec un taux excessif d’alcool et déjà condamnés pour ce même fait. Le coût d’un tel dispositif est évalué entre 1.000 et 2.000 euros. Un système similaire équipera tous les cars scolaires dès la rentrée 2009. Il pourrait être étendu à tous les autocars, ajoute Le Figaro (page 9). Par ailleurs, des éthylotests électroniques seront installés à la sortie des discothèques, a annoncé le chef du gouvernement.

Le gouvernement a aussi décidé d’interdire la vente d’alcool dans les stations-service, souligne Le Parisien/Aujourd’hui (page 6). "Si l’on veut diviser par deux le nombre de morts dus à l’alcool, il est normal de durcir la loi", approuve Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière. "En interdisant la vente d’alcool dans les stations-service, le gouvernement cible clairement les jeunes, qui ont tendance à aller s’approvisionner dans les points de vente de carburant plutôt qu’en discothèque, où les prix sont plus chers", analyse Jean-Pascal Assailly, chercheur à l’Institut national de recherche sur les transports et la sécurité (Inrets), dans Le Parisien/Aujourd’hui. Comme le relève la Prévention routière, l’alcool est la principale cause de 42% des accidents mortels l’été touchant les jeunes de 18 à 24 ans.

Mais si les jeunes payent un lourd tribut à la route, ils ne sont pas les seuls, comme le rappelle Jean Chapelon, responsable de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, dans Le Figaro. "On met en avant les lieux festifs et les fêtes étudiantes, mais il ne faudrait pas stigmatiser cette catégorie d’usagers. Car cette consommation de spiritueux concerne tous les âges jusqu’à 64 ans", insiste-t-il.

Xavier Bertrand défend la retraite à 60 ans
Dans un entretien aux Echos (page 2), le ministre du Travail exclut de relever au-delà de 60 ans l’âge légal de la retraite, comme le suggérait la semaine dernière la présidente du Medef, Laurence Parisot. Xavier Bertrand estime en revanche que "le véritable enjeu, c’est que l’âge réel de départ des salariés atteigne 60 ans". Aussi, alors que le Medef se dit opposé à son idée de "bonus-malus" pour les entreprises qui n’emploient pas suffisamment de seniors, Xavier Bertrand en fait "la priorité des priorités". Il prévient qu’il ne se "contentera pas de beaux discours" et promet "des sanctions pour les entreprises qui ne jouent pas le jeu", car il veut "des résultats rapides". En outre, le ministre se déclare favorable à un transfert des cotisations chômage vers les régimes de retraite. Enfin, concernant le "rendez-vous" de 2008 sur les retraites, il annonce qu’il recevra les partenaires sociaux et tous les acteurs concernés dès le mois prochain. Il s’agit de présenter un texte de loi courant juin, pour une adoption au Parlement prévue cet été. Dans une interview à La Tribune (page 25), le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, estime que "les responsables politiques doivent tenir compte de l’inquiétude de l’opinion" sur le rythme de l’action du gouvernement.

John Sutton