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Mieux répartir les kinés

On compte près de 200 kinésithérapeutes pour 100.000 habitants à Paris et dans l’Hérault, alors que dans des départements ruraux comme l’Indre, le Cher ou l’Eure-et-Loir, on tombe à moins de 60, soulignent Les Echos (page 3). L’assurance maladie est bien décidée à s’attaquer à ce problème de répartition géographique à l’occasion des négociations avec les syndicats de masseurs-kinésithérapeutes qui s’ouvrent aujourd’hui.

En régulant l’offre, la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) espère améliorer l’accès aux soins et limiter la progression des dépenses de santé. Les remboursements de soins de kinésithérapie se sont élevés à 2,5 milliards d’euros en 2010. Si la croissance a ralenti (+2,5% par an en moyenne depuis 2008), le volume d’actes reste soutenu, notamment en raison du vieillissement de la population, explique le quotidien économique.

Les zones sous-dotées en kinés sont clairement identifiées. Reste à s’entendre avec les syndicats sur les mesures pour y attirer les professionnels. Le directeur de l’assurance maladie, Frédéric van Roekeghem, vient de conclure une négociation allant dans ce sens avec les infirmières, et il espère aboutir à un accord du même type avec les kinés. "Pas question de faire un copier-coller de l’accord infirmiers, prévient Alain Bergeau, président de la FFMKR, le premier syndicat de la profession. Ce n’est pas parce qu’on bloquera les installations dans le Var que les kinés iront dans la Creuse." Car les revenus de ces professionnels de santé ne dépendent pas entièrement de l’assurance maladie, soulignent Les Echos. Ces derniers ont en effet développé des actes non remboursés comme l’ostéopathie ou les massages. Il est donc plus difficile de contrôler leur répartition.

Autre régulation : celle du volume des actes. La Haute Autorité de santé (HAS) a fixé en 2010, pour cinq pathologies, un nombre de séances au-delà duquel l’entente préalable de la Sécurité sociale est nécessaire. Par exemple, 40 séances de kiné après une opération du ligament croisé du genou. Cinq autres référentiels ont été validés cette année, et d’autres vont suivre. En contrepartie, les professionnels demandent une hausse de leurs tarifs. "Nous voulons en priorité une meilleure indemnisation des frais de déplacement, qui ont fortement augmenté avec le prix de l’essence", réclame Alain Bergeau.

"Défense de soigner moins cher"
Sous ce titre provocateur, l’hebdomadaire Politis du 14 juillet critique l’adoption, la veille, de l’article 22 bis de la loi Fourcade, qui limite le conventionnement passé entre les mutuelles et certains professionnels de santé qui s’engagent à plafonner leurs tarifs et à respecter un certain niveau de qualité des soins. Cet article vise à restreindre "considérablement la liberté contractuelle des organismes d’assurance maladie complémentaire", s’était inquiétée la Mutualité Française, qui déplore que "des intérêts commerciaux soient ainsi privilégiés au détriment de l’accès aux soins".

Dans Politis, Jean-Martin Cohen Solal, directeur général de la FNMF, dénonce le lobbying qui a pesé sur l’adoption du texte de loi : "Les parlementaires me l’ont dit, c’est avant tout la pression des opticiens et des verriers. Ils ne veulent pas que les complémentaires santé conventionnent les tarifs des lunettes." "Ce lobbying est basé sur les profits et la peur de diminuer les marges. J’ai du mal à comprendre l’intérêt général et que les élus écoutent plutôt M. Afflelou que les plaintes des classes moyennes qui trouvent que la santé coûte de plus en plus cher", ajoute le directeur général de la Mutualité.

John Sutton