Mesures pour les associations

Martin Hirsch, haut-commissaire aux Solidarités actives et à la Jeunesse, a annoncé hier une série de mesures pour "une politique publique de la vie associative", dont la mise en place d’un médiateur. Il a rendu hommage à la "vitalité" du tissu associatif, fort de 15 millions de bénévoles et de 1,7 million de salariés. Le nouveau médiateur des associations sera chargé d’abriter les contentieux entre l’Etat et le monde associatif (financements, agréments...) et de faire des propositions de réforme, résume le quotidien Les Echos (page 4).

Par ailleurs, le Haut Conseil à la vie associative, qui viendra remplacer l’actuel Conseil national de la vie associative, sera mis en place avant la fin de l’année 2010. Cette instance, forte de cinquante membres, devra obligatoirement être consultée par le gouvernement sur les projets de loi et décrets régissant le fonctionnement des associations et saisie de manière facultative sur d’autres sujets intéressant ces structures.

"On a déjà créé ce type d’instance pour les grands sujets de société, comme l’assurance maladie et la santé : or, nous voulons ériger la politique associative au niveau des grandes politiques", expliquait hier Martin Hirsch, dans un entretien à La Croix (page 2). Il estime qu’aujourd’hui, les associations sont soumises d’un côté aux exigences européennes et de l’autre au code des marchés publics. "L’idée est d’établir des règles claires (...) pour définir les conditions dans lesquelles l’Etat et les collectivités pourront travailler avec les associations, les subventionner, sans forcément les soumettre à des procédures de marché", explique le haut-commissaire aux Solidarités actives.

"L’emploi associatif résiste pour l’instant à la crise", titrait hier La Croix (page 3), qui ajoutait toutefois que "les associations craignent le pire pour l’année prochaine". Le domaine médico-social, qui représente la moitié des emplois associatifs, manque de personnel qualifié (aides-soignantes, infirmières, médecins). Ce qui, à court terme, pourrait remettre en cause la croissance dans ce secteur.

Par ailleurs, Martin Hirsch a annoncé hier une augmentation de 30% du budget consacré à la formation des bénévoles, précisent Les Echos. Afin de mieux connaître la richesse et la diversité des associations, un tableau de bord statistique sera publié chaque année. Enfin, en réponse à la polémique sur le Téléthon, Matignon va saisir le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) "sur la façon dont les chaînes publiques relaient les appels à la générosité des associations et sur le temps d’antenne qu’il convient d’y consacrer".

Suicide d'un salarié : Renault condamné
Le tribunal des affaires de Sécurité sociale (Tass) de Nanterre (Hauts-de-Seine) a condamné hier le constructeur automobile pour "faute inexcusable", après le suicide d’un de ses ingénieurs au sein du Technocentre de Guyancourt (Yvelines) en 2006. "On reconnaît ce que mon mari a subi à cause de Renault, a réagi la veuve de la victime à l’énoncé du verdict. J’espère que ce sera un signal fort pour toutes les entreprises", qui sacrifient "tout sur l’autel de la rentabilité et pour les salariés, qu’ils sachent que la justice est de leur côté" (L’Humanité, page 8). La condamnation de Renault prend une valeur symbolique, à l’heure où la souffrance au travail est devenue un enjeu de santé publique.

"La souffrance au travail est-elle légitime ?", interroge Libération (pages 22 et 23), qui lance un débat sur ce thème, opposant le ministre du Travail, Xavier Darcos, et Boris Cyrulnik, neurologue et psychanalyste. L’intégralité de ce dialogue sera diffusée ce soir (18h20) sur France Culture. "Aujourd’hui, la souffrance au travail est liée à la perte de soi, estime Xavier Darcos. On est passé d’un mode de production industrielle où la souffrance et les risques étaient physiques et identifiables, à une société tournée vers les services, où l’individu est dans une interrelation continuelle (...), avec des objectifs sur lesquels il n’a pas prise." Boris Cyrulnik explique pour sa part que "la fatigue physique est peut-être moins grave que la souffrance morale, parce qu’il y avait [autrefois] des mécanismes de contrôle". "La technologie a amélioré la fonction, mais la relation en sort abîmée. On est seul devant un écran, derrière une machine", constate-t-il.
John Sutton