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Mesures antitabac : Bruxelles met le paquet

La Commission européenne a proposé hier de nouvelles mesures pour lutter contre le tabagisme. La principale d'entre elles concerne les messages figurant sur les paquets de cigarettes et de tabac à rouler. Bruxelles suggère de porter à 75% de l'emballage, contre 40% actuellement, la sur­face consacrée aux messages d'avertissement sur les risques pour la santé sur le recto et le verso des paquets, rapporte Le Monde (page 8). De plus, la tranche des paquets comporterait une mention indiquant que le tabac contient plus de soixante-dix substances cancérigènes. "Cette proposition vise à dissuader les jeunes de s'initier au tabagisme, en limitant l'attrait des produits du tabac et de la cigarette", a expliqué Tonio Burg, le commissaire européen chargé de la Santé et de la Protection des consommateurs.

Les Etats qui le souhaitent pourront aller plus loin et imposer, comme le fait déjà l'Australie, que les paquets de cigarettes soient tous identiques et sans logo, précise Le Monde. Quatre pays, dont la France, auraient déjà fait part de leur intérêt pour cette option.

En France, la ministre de la Santé a annoncé une loi antitabac en 2013, rappelaient hier Les Echos (page 15). De son côté, Tonio Burg a souligné que "le tabac tue chaque année plus de 700.000 personnes en Europe, soit l'équivalent de la population de Francfort ou de Palerme". Le commissaire européen souhaite ré­duire de 12% le nombre de fumeurs au cours des cinq prochaines années.

D'autres mesures concernent l'interdiction des arômes forts comme le menthol, l'interdiction des qualificatifs "light" ou "faible teneur en goudron". Les mini-paquets (moins de vingt unités) et les cigarettes fines seraient également interdits à la vente, car "de nature à induire en erreur", précisaient Les Echos d'hier. Les cigarettes électroniques ne contenant que peu de nicotine resteraient autorisées, mais devraient porter des avertissements sanitaires, tout comme les cigarettes à base d'herbes médicinales.

En revanche, la Commission européenne prévoit des règles plus souples pour le tabac à pipe, les cigares et les cigarillos, car ils "ne servent pas en quantité massive de ”porte d'entrée” dans le tabagisme", indique Le Monde.

Mais le lobby des cigarettiers, très actif à Bruxelles, n'a pas dit son dernier mot. Le texte doit maintenant être approuvé par le Parlement européen et les Etats membres. L'Allemagne a déjà fait savoir qu'elle n'était pas convaincue par la me­sure consistant à étendre les avertissements sanitaires à 75% de la surface des paquets.

La psychiatre d'un meurtrier condamnée
Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné mardi à un an de prison avec sursis la Dre Danièle Canarelli, une psychiatre poursuivie pour homicide involontaire, après le meurtre commis par l'un de ses patients schizophrènes.

Le tribunal a considéré qu'il existe bien un lien de causalité indirect entre le meurtre commis en 2004 et la mauvaise évaluation par la psychiatre de la dangerosité de son malade, rapporte Le Monde (page 11). Les juges estiment que ses "défaillances" sont à "l'origine" de l'errance et de la fuite du patient, puis de son passage à l'acte. Ils dénoncent "une attitude qui confine à l'aveuglement", et reprochent à cette spécialiste d'avoir "sous-estimé les antécédents du patient", négligé les diagnostics de ses confrères, "banalisé" certains incidents et "méconnu les alertes" dont elle n'a tiré "aucune conclusion concrète" dans son traitement thérapeutique.

Un des fils de la victime avait obtenu en 2009 la condamnation de l'hôpital pour défaut de surveillance, par la justice administrative, rappelle Libération (page 13). Il avait également porté plainte contre tous ceux qui avaient pu faire preuve de négligence. Le Dr Angelo Poli, vice-président du Syndicat des psychiatres d'exercice public (Spep), re­grette que sa consœur soit désignée comme "un bouc émissaire". Il trouve cette décision "inquiétante" pour l'exercice de la profession, car "elle pourrait conduire à refuser de laisser sortir des patients, sous prétexte qu'il n'existe pas de risque zéro, afin de se prémunir d'éventuelles poursuites judiciaires". "Si l'on devait s'engager dans cette voie, alors, il faudra doubler le nombre de lits d'hospitalisation et embaucher du personnel", prévient-il.

John Sutton