Médicaments sur la sellette : l’Afssaps doit publier une nouvelle liste

L'Agence française de sécurité sa­nitaire des produits de santé (Afssaps) doit publier aujourd'hui une liste de 76 médicaments sous surveillance et fera à cette occasion le point sur leur évaluation, indiquent Les Echos (page 19). La publication de cette liste, qui découle du scandale suscité par le Mediator®, sera l'occasion pour le gouvernement d'expliquer où en sont les procédures de surveillance et réévaluation pour ces médicaments, précise Le Pari­sien/Aujourd'hui (page 12).

Cinquante-neuf d'entre eux, déjà connus, sont sous surveillance dans le cadre d'une procédure spéciale de suivi d'éventuels effets indésirables appelée "Plan de gestion des risques". Les médicaments de cette liste couvrent un spectre très large : une pilule du lendemain, des vaccins contre la méningite ou pour prévenir le cancer du col de l'utérus, inventorient Les Echos.

Par ailleurs, l'Afssaps envisage, selon Le Figaro de samedi (page 14), d'interdire deux nouveaux médicaments : le Fonzylane® (buflomédil) et le Nizoral®. Le Fonzylane® est un vasodilatateur prescrit dans le traitement des artérites, fabriqué par le laboratoire américain Cephalon et comme générique par une quinzaine de groupes pharmaceutiques, dont Biogaran, une filiale de Servier.

La revue Prescrire a demandé plusieurs fois le retrait du marché du buflomédil, en raison d'effets indésirables, cardiaques et neurobiologiques, parfois mortels. De son côté, l'antimycosique Nizoral®, lancé en 1982 par le laboratoire américain Janssen-Cilag, est accusé de favoriser la survenue d'hépatites fulgurantes, qui ont provoqué des décès ou nécessité une greffe de foie (Les Echos)

Enfin, selon Le Journal du dimanche (page 16), le gouvernement aurait trouvé son "Monsieur médicament". Hubert Allemand, numéro deux de la Cnam, devrait remplacer, "dans les tout prochains jours", l'actuel directeur de l'Afssaps, Jean Marimbert, "éreinté par l'affaire du Mediator®", souligne l'hebdomadaire. Dès 1998, Hubert Allemand avait été l'un des signataires d'une note mettant au jour les failles de l'antidiabétique. Plus récemment, il s'était rapidement mobilisé pour le retrait de l'Acomplia, un coupe-faim fabriqué par Sanofi.

Accès aux soins : nouveaux indicateurs
Le Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie (Hcaam) propose d'élaborer de nouveaux indicateurs pour mieux éclairer le débat sur l'évolution de la prise en charge des soins par l'assurance maladie, dans un avis publié vendredi, rapportent Les Echos (page 5). Le Haut Conseil souhaite ainsi disposer de données plus complètes sur le "reste à charge" des assurés sociaux et sur ce que cela représente par rapport à leurs revenus. Il s'agit également d'obtenir des indicateurs "sur ce que coûtent vraiment aux malades et à la collectivité les soins qui répondent à un cheminement optimal dans le système", précise le Hcaam, dont le rôle est notamment d'évaluer les évolutions de l'assurance maladie, notent Les Echos. La proposition de ce nouveau "tableau de bord" sur "l'accessibilité financière des soins" répond au débat récurrent sur le niveau de leur prise en charge par le régime obligatoire.

Certains, dont le gouvernement, mettent en avant le fort taux de prise en charge des dépenses de soins des Français par l'assurance maladie (75,5% en 2009). Avec la participation des complémentaires santé, le taux de couverture avoisine les 90%. Pour d'autres, toutefois, ces chiffres sont trompeurs. Ils soulignent qu'en excluant les personnes en ALD (prises en charge à 100%), la part de l'assurance maladie pour les soins les plus courants de la majorité des assurés sociaux se situe plutôt autour de 55%. Pour le Haut Conseil, ces chiffres ne permettent pas de trancher ce débat sur l'assurance maladie et ses évolutions souhaitables, alors que "la contrainte financière met aujourd'hui sous tension la pérennité de notre système de solidarité".
John Sutton