Médicaments dans les grandes surfaces : Leclerc gagne une bataille

"Dans la lutte que se livrent les centres Leclerc et les pharmaciens, l’enseigne de grande distribution vient de marquer un point", souligne Le Monde (page 12). En effet, la cour d’appel de Colmar a débouté mercredi les pharmaciens qui demandaient aux supermarchés le retrait ou la modification de leur campagne publicitaire sur la vente des médicaments sans ordonnance dans les grandes surfaces, rappelle le quotidien Les Echos (page 25). Leclerc se félicite de cette décision et envisage de poursuivre son offensive publicitaire pour obtenir le droit de vendre des spécialités sans ordonnance, bousculant le monopole des pharmaciens. Ces derniers ont décidé de se pourvoir en cassation.

Saisi en référé par Univers pharmacie, qui représente 500 officines, Directlabo et les syndicats de pharmaciens Uspo et UNPF, le tribunal de grande instance (TGI) de Colmar avait condamné le 21 avril le groupe Leclerc à retirer sa publicité. "Avec l’augmentation du prix des médicaments, soigner un rhume sera bientôt un luxe", proclamait la campagne montrant… un buste pour bijoux orné d’une parure de pilules et de gélules. Si le gouvernement ouvre ce marché (estimé à 1,8 milliard d’euros) à la grande distribution, Michel-Edouard Leclerc promet de vendre 25% moins cher que la moyenne les produits en automédication. La Cour d’appel de Colmar considère que l’allégation de Leclerc est certes "réductrice", mais qu’il "ne s’agit pas pour autant d’un véritable dénigrement" des pharmaciens.

"La pharmacie française n’a pas dit son dernier mot", a réagi Daniel Buchinger, président d’Univers pharmacie, qui ne cachait pas sa "déception" à la suite de la décision du tribunal de Colmar. "Nous allons nous pourvoir en cassation et saisir le TGI sur le fond pour rétablir l’image de la pharmacie." Il doit lancer le 15 mai l’Union des groupements des pharmaciens d’officine (UGPO). Cette nouvelle structure demandera à être reçue par la ministre de la Santé afin d’évoquer le projet de loi sur l’organisation de la santé, indique Le Monde.

La Birmanie s'ouvre difficilement à l'aide
Une semaine après les ravages du cyclone Nargis, qui aurait fait 100.000 morts et plus d’un million de sinistrés, la Birmanie tarde toujours à s’ouvrir à l’aide internationale. Selon les organisations humanitaires, l’aide arrive de Thaïlande, de Chine et d’Inde, mais en quantité insuffisante et trop lentement. Dans Le Monde (page 15), les ministres britanniques et français des Affaires étrangères publient une tribune libre appelant le gouvernement birman à "lever toutes les restrictions sur la distribution de l’aide". David Miliband et Bernard Kouchner observent que les sinistrés se comptent par centaines de milliers et que le pays manque de tout : médicaments, nourriture, tablettes de purification de l’eau, etc. Dans un entretien au quotidien La Croix (page 2), Thomas Gonnet, directeur des opérations d’Action contre la faim décrit l’urgence de la situation : "Trois membres d’ACF, dont une infirmière, sont arrivés mercredi soir à Bogalay, l’une des villes les plus touchées par le cyclone Nargis. Ce qu’ils décrivent est totalement apocalyptique, cauchemardesque. Il y a des cadavres partout." "Plus le temps passe, plus les risques d’épidémies, de diarrhées et de dysenterie s’accroissent", ajoute-t-il.

John Sutton