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Médicament : recul des dépenses grâce aux génériques

La baisse est encore légère mais la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) la doit pour beaucoup à la montée en puissance des médicaments génériques. Selon un bilan présenté hier, le remboursement des médicaments de ville a en effet reculé de 0,8% en 2012, portant l'économie à 180 millions d'euros, sur une dépense globale atteignant 22,6 milliards d'euros.

Pour expliquer ce recul, note Le Parisien/Aujourd'hui (page 7), "on retiendra la baisse générale de la consommation de médicaments (–1,6%)", attribuée au déremboursement de produits peu efficaces. Près de 830 millions d'euros d'économies ont en outre été réalisées grâce à des baisses de prix imposées aux laboratoires pharmaceutiques. Toutefois, souligne le quotidien, le principal responsable de cette amélioration est "sans conteste le générique".

La montée significative des ventes de génériques débute en juin 2012. Depuis cette date, en effet, le tiers payant n'est plus accordé aux patients qui refusent leur délivrance par le pharmacien. Ré­sultat : c'est près de 1,5 milliard d'euros d'économies qui ont été réalisées par l'assurance maladie. La substitution récente de certains "blockbusters" par leurs génériques a également diminué la facture, comme l'expliquent Les Echos (page 9), pour qui "le Top 10 des médicaments" est "bousculé par les génériques".

Dans le classement des dix premiers médicaments remboursés, le Tahor® s'est vu par exemple ravir sa place de leader l'an dernier, au "profit d'une kyrielle de versions génériques vendues 60% moins cher". Ce traitement du cholestérol commercialisé par l'américain Pfizer est ainsi descendu à la 7e place, et chutera certainement encore dans les mois à venir. Un sort identique attend le Seretide® (traitement contre l'asthme) cette année, à la satisfaction de la Cnam, qui souhaite "encore faire progresser les génériques cette année".

Parallèlement à ce déclin, ajoute le quotidien, de nouveaux traitements de pathologies "plus rares et souvent plus graves" connaissent une montée en puissance. Le Lucentis® est un de ceux-là : cette molécule commercialisée par Novartis pour lutter contre la dégénérescence maculaire occupe en effet désormais la première place de ce Top 10, avec des remboursements atteignant les 389 millions d'euros, soit une progression de 27% en un an.

Utilisé contre les rhumatismes, l'anti-inflammatoire Humira® le suit de près, à la deuxième place, avec 346 millions d'euros de remboursements, soit une hausse de 19,7%, précédant ainsi l'anticholestérol Crestor® (+ 9,2%). Quant au Doliprane®, inamovible dans ce classement, il occupe la 5e place, position certainement due autant à sa popularité qu'à l'augmentation récente de son prix de vente.

Recommandations pour la chirurgie ambulatoire
Mardi, la Haute Autorité de santé (HAS) et l'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap) ont vivement encouragé les établissements à "entrer résolument dans l'ère chirurgie ambulatoire" en publiant notamment de nouvelles recommandations et fiches pratiques sur le sujet.

Si l'on en croit l'enquête internationale réalisée en 2009, il serait en effet temps de franchir un cap en la matière. En effet, indique Le Figaro (page 11), à cette date, "le taux de gestes réalisés en chirurgie ambulatoire était encore de 36% en France alors qu'il dépassait 50% en Europe du Nord" et 70% aux Etats-Unis, au Canada ou encore en Grande-Bretagne.

Si la France les favorisait, ce serait à terme huit opérations sur dix qui seraient pratiquées en ambulatoire, "soit un gisement d'économies impressionnant de 2 millions d'interventions de moins en hospitalisation traditionnelle chaque année".

Les signes sont toutefois encourageants puisque le recours à l'ambulatoire a progressé de 29,3% entre 2004 et 2010, après avoir représenté 10,7% de toute l'activité chirurgicale pour cette première année. Pour les années à venir, la place de la chirurgie ambulatoire devrait en­core s'améliorer, note Le Figaro, puisque la campagne tarifaire 2013 intègre des "mesures renforçant l'incitation financière pour la développer dans les hôpitaux".

Frédéric Lavignette