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Marisol Touraine annonce treize engagements pour l’hôpital

"Tourner la page" et "rétablir la confiance" : telles sont les deux ambitions du "pacte" pour l'hôpital présenté hier par la ministre de la Santé. Pour y parvenir, Marisol Touraine souhaite revenir sur la loi "Hôpital, patients, santé, territoire" (HPST) du précédent gouvernement, comme le propose le rapport du conseiller à la Cour des comptes, Edouard Couty, rendu public hier.

"Pour commencer, écrit Le Figaro (page 20), elle entend rogner les prérogatives du directeur d'hôpital, élargies lors de la loi HPST. Elle veut en effet instaurer une gouvernance équilibrée en redonnant du poids aux médecins dans la stratégie des établissements." Mais cette mesure n'est qu'un des 13 engagements annoncés, lesquels "trouveront leur traduction concrète au cours des prochains mois dans des décrets ou des textes de loi", soulignent Les Echos (page 4).

La ministre de la Santé propose également que les patients soient mieux représentés dans les instances dirigeantes, indique Le Parisien/Aujourd'hui (page 4). Concernant le financement des hôpitaux, Marisol Touraine n'a pas annoncé de mesures précises, indiquent Les Echos. Actuellement rappelle le quotidien, les deux tiers des ressources des établissements proviennent de la tarification à l'activité (T2A), Pour la ministre, ce système "inflationniste" a "trouvé ses limites", car il incite les hôpitaux à multiplier les actes pour accroître leurs ressources.

Le gouvernement s'engage à prendre prochainement des dispositions pour faire évoluer cette tarification dans la prochaine loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS). Côté calendrier toujours, la plupart des décrets de ce pacte seront signés avant l'été et seront finalisés dans une loi présentée au début 2014.

Comme le constate Le Parisien/Aujour­d'hui, "ce pacte intervient quelques jours après l'annonce d'une baisse des tarifs des actes à l'hôpital public, synonyme d'une réduction des budgets de 0,56%". L'opposition ne s'est évidemment pas privée d'en faire la remarque. Pour Philippe Juvin, spécialiste de la santé à l'UMP, les annonces de la ministre de la Santé sont des "incantations" et un "enfumage" alors qu'"en même temps, le gouvernement coupe les vivres à l'hôpital public", rapportent Les Echos.

De son côté, la Fédération hospita­lière de France (FHF) est plus partagée. Son délégué général, Gérard Vincent, estime qu'"on ne peut qu'être d'accord avec le discours de la ministre, qui est plein de bonnes intentions. Mais la réalité des décisions qui ont été prises la semaine dernière pénalise l'hôpital", reconnaît-il également.

Un appel national pour les aidants familiaux
Les 8,3 millions de Français qui s'occupent d'un proche dépendant ont trouvé leurs défenseurs. Comme l'annonce Le Parisien/Aujourd'hui (page 9), plusieurs personnalités viennent de lancer sur la page Facebook® "Equitépourlesaidants" un appel national en leur faveur assorti d'une pétition.

En compagnie de Paulette Guinchard, ancienne secrétaire d'Etat aux Personnes âgées du gouvernement Jospin, et de quatre autres personnalités, le sociologue spécialiste du vieillissement Serge Guérin a lancé ce "cri d'alarme constructif" pour que certaines dispositions soient prises par les pouvoirs publics.

Parmi ces mesures, indique le quotidien, figure l'instauration de bilans de santé gratuits annuels. "Parce que les aidants familiaux s'épuisent et s'occupent souvent très peu d'eux-mêmes, il s'agirait de leur proposer tous les ans un bilan gratuit, avec dépistage spécifique de l'épuisement." D'après Serge Guérin, "un tiers des aidants partent avant la personne dont ils s'occupent, taux qui grimpe à 40% lorsqu'il s'agit d'un ma­lade d'Alzheimer".

Autre proposition : la création d'un forfait de cinquante heures d'activité physique, de façon à s'entretenir physiquement et à sortir de l'isolement social. "L'idée, écrit le journal, serait d'accorder un forfait de séances gratuites adaptées (taî-chi, yoga…), notamment à leur âge (57% des aidants ont plus de 50 ans)." Celui-ci pourrait prendre la forme de chèques activités proposés par les mu­tuelles, les conseils généraux ou encore les municipalités.

Enfin, la création de congés générant des droits à la retraite est aussi proposée par les défenseurs des aidants familiaux. S'il existe actuellement un congé de soutien familial non rémunéré pour s'occuper d'un proche pendant un an maximum, celui-ci, tout comme les congés à temps partiel, n'interviennent pas dans les cotisations retraites.

Frédéric Lavignette