Maladie d’Horton : débat autour du cannabis thérapeutique

Afin de soulager les "atroces douleurs" que sa maladie d'Horton lui provoquait, un patient d'Avignon âgé de 47 ans n'a trouvé que le cannabis pour apaiser sa souffrance. Or, un jour de mai 2012, par la fenêtre de son domicile, les gendarmes ont découvert les plans de chanvre qu'il cultivait pour son usage thérapeutique. Et lundi, le tribunal de grande instance d'Avignon devait le juger pour détention de stupéfiants.

Contre toute attente, le juge a décidé de le relaxer, "au motif que c'est là le seul moyen de soulager les symptômes de sa maladie d'Horton", rapporte Le Figaro (page 13). Cette décision constitue "une première en France métropolitaine", motivée par un "état de nécessité", selon l'expression de son avocat.

Prénommé Marc, cet homme a en effet dû cesser son travail à cause des violents maux de tête que provoque cette pathologie, rapporte le quotidien. Les traitements existants, essentiellement composés de cortisone, ne semblent jamais avoir soulagé Marc. Selon le Pr Pierre Duhaut, spécialiste de la maladie, ce traitement est pourtant efficace à 98%. Seulement, "si les corticoïdes ne permettent pas d'aider le patient, c'est que le diagnostic a été mal posé et qu'il souffre d'autre chose", observe-t-il.

Face à cette relaxe, le parquet a décidé de faire appel. "Nous ne nions pas que ce monsieur connaisse de graves difficultés, explique au Figaro le procureur adjoint, Thierry Villardo, mais nous ne pouvons pas cautionner ce que j'ai qualifié d'automédication au cannabis, car c'est illégal."

Le débat sur l'usage thérapeutique du cannabis sera de nouveau relancé avec la mise sur le marché du Sativex®, un médicament à base de molécules de cannabis. Ce médicament devrait être commercialisé en France en 2015, comme il l'est déjà dans 18 autres pays européens. Produit par GW Pharmaceuticals, il permet d'apporter "une quantité maîtrisée et épurée de principe actif, contrairement à la plante brute où les concentrations varient", explique le journal. Ne reste plus qu'à attendre le feu vert de l'Agence natio­nale de sécurité du médicament prévu d'ici à la fin de l'année, pour que cette perspective se concrétise.

Handicap : révision des conditions de départ à la retraite
Avec l'approche de la seconde lecture de la réforme des retraites à l'Assemblée nationale, le mécontentement se fait de plus en plus fort au sein des associations de défense des droits des personnes en situation de handicaps. En effet, expliquent Les Echos (page 4), avec ce texte, les conditions de départ anticipé à la retraite des personnes souffrant de handicap pourraient être modifiées.

Depuis 2003, rappelle le quotidien, ce droit était accordé aux personnes qui affichaient un taux de handicap de plus de 80%. Droit qui a été élargi, en 2010, aux personnes disposant de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapés (RQTH). Avec la réforme des retraites, cet élargissement pourrait disparaître. Mais en contrepartie, le projet de loi propose d'abaisser à 50% le taux d'incapacité ouvrant droit à un départ en retraite à partir de 55 ans. Seule contrainte : il faudra, selon les années de naissance, avoir cotisé entre vingt et trente ans.

Avec cette modification, le nombre de bénéficiaires de départs anticipés passerait de 1.000 à 2.000 par an. Mais pour les associations, le futur dispositif viserait surtout à prévenir l'augmentation du nombre de titulaires du RQTH, lequel explose depuis quelques années : +39% entre 2007 et 2010, soit 830.000 personnes.

Frédéric Lavignette