Les vignettes bleues prises en charge à 30 % par la Sécu

A compter d'aujourd'hui, la vignette de couleur bleue sur un médicament signifie un remboursement par l'assurance maladie obligatoire de 30% et non plus 35%. Cette mesure avait été annoncée en septembre dernier, dans le cadre du budget 2011 de la Sécurité sociale.

Compte tenu des différents dosages et des versions génériques, ce sont de la sorte 1.219 médicaments sont dorénavant moins bien remboursés par la Sécurité sociale, au motif que leur intérêt thérapeutique est jugé "modéré" par la Haute Autorité de santé (HAS). Parmi eux, observe L'Humanité (page 5), on trouve des produits "principalement destinés au traitement d'affections sans gravité", bien que certains soient très utilisés comme l'anti-inflammatoire Advil®, l'antihistaminique Zyrtec®, l'antispasmodique Spasfon®, le Ketum®, contre les tendinites superficielles, ou le pansement digestif Smecta®.

Trois types de vignettes sont donc associés à trois taux de remboursement, ré­sume Libération (page 13). Outre le bleu des vignettes qui suppose que le régime général de la Sécurité sociale rembourse à 30% les médicaments dits de "confort", il y a le remboursement à 65% incarné par les vignettes blanches. Celui-ci est accordé aux médicaments dont le service médical rendu (SMR) a été jugé "important ou majeur et présentant un caractère indispensable", comme par exemple les antibiotiques, indique le quotidien.

Le remboursement à 100% est quant à lui signalé par des vignettes blanches barrées. Il concerne les médicaments considérés comme irremplaçables et particulièrement coûteux, ainsi que ceux traitant une trentaine de maladies graves ou de longue durée (ALD), comme le cancer ou le diabète.

A cette palette de couleurs, il faut également mentionner les vignettes orange, souligne L'Humanité. Parce que leur service médical rendu est considéré comme insuffisant, ces médicaments sont remboursés à 15%. Une baisse du taux de remboursement des dispositifs médicaux (prothèses, déambulateurs...) de 65 à 60% entre également en vigueur ce matin, rappelle Libération, qui juge que "tout cela manque singulièrement de lisibilité". "L'assuré social ne sait plus ce qu'il paye, ce qui lui est remboursé et, au final, ce qui lui reste à charge", in­siste Eric Favereau.

De son côté, l'Etat espère que cette baisse de 5% du taux de remboursement des vignettes bleues permettra d'économiser 95 millions d'euros à l'assurance maladie. Une mesure qui va peser lourd sur le budget de malades. En effet, rapporte L'Humanité, "selon la Mutualité Française, cette décision va reporter sur les ménages et les complémentaires santé environ 110 millions d'euros. Car la prise en charge des vignettes bleues par les complémentaires va mécaniquement passer de 65% à 70%".

Le salaire à l'affiche du 1er Mai
"Clairsemés", "à la peine", "limités"... Les adjectifs utilisés aujourd'hui dans la presse pour qualifier les défilés syndicaux du 1er Mai soulignent un certain déclin.

Selon les chiffres de la police que rapporte Libération (page 18), "13.250 personnes se sont mobilisées à Paris et 77.000 dans toute la France, soit près de trois fois moins qu'en 2010". Même placés cette année sous le signe de la solidarité internationale, les motifs de grogne des travailleurs français ne manquent pourtant pas.
"En pleines tensions sur le pouvoir d'achat, indiquent par exemple Les Echos (page 6), les revendications des manifestants portaient sur les salaires, mais aussi sur l'emploi et les suppressions de postes de fonctionnaires." Les syndicats réclament notamment une revalorisation du Smic. Mais attention, préviennent-ils, comme le fait le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, dans Le Figaro (page 25) : "Les salariés ne veulent pas de cadeaux électoraux. Ils veulent des augmentations pour tous, inscrites dans le marbre."
Frédéric Lavignette