Les somnifères, c’est pas automatique !

Comme les antibiotiques, les somnifères ne devraient plus être prescrits de manière systématique chez les personnes âgées, car les vraies insomnies sont rares après 65 ans et les traitements ne sont pas sans risque, met en garde la Haute Autorité de santé (HAS). "Cette surprescription devient un enjeu de santé publique de premier plan", selon le Pr Jean-Luc Harousseau, président du collège de la HAS.

"Un tiers des personnes de plus de 65 ans, soit 3,5 millions d’individus, et pratiquement 40 % des plus de 85 ans en prennent de manière régulière", constate-t-il dans La Croix (page 7). "Or, dans la moitié des cas, ces prescriptions sont totalement inutiles", car les troubles du sommeil ont souvent d’autres causes : anxiété, dépression, apnée du sommeil, troubles urinaires…

"Au cours de la vie, le sommeil se modifie pour des raisons physiologiques, explique, dans Le Figaro (page 15), la Dre Sylvie Royant-Parola, présidente du réseau Morphée, spécialisé dans la prise en charge des troubles chroniques du sommeil. Il se fractionne : la personne âgée dort moins la nuit et multiplie les siestes réparatrices dans la journée. Cela crée souvent une impression de mal dormir, qui pousse les gens à se plaindre d’insomnie."

Plus préoccupant, les somnifères présentent des risques non négligeables. "Indispensables pour de nombreux patients, les benzodiazépines peuvent entraîner des troubles de la mémoire et du comportement, une altération de l’état de conscience et des fonctions psychomotrices, des risques de chutes", soulignait déjà en janvier un rapport de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), rappelle Le Monde (page 27). D’autres études scientifiques, dont une à paraître vendredi dans le British Medical Journal, mettent en évidence un lien entre benzodiazépines et démences, même si aucune relation de cause à effet n’a encore pu être établi, ajoute Le Figaro.

Par ailleurs, alors que les traitements ne devraient pas excéder trois à quatre semaines, "on constate que leur durée moyenne est de sept mois", souligne, dans La Croix, la Dre Armelle Desplanques-Leperre (HAS). Et chez certaines personnes âgées, cela peut durer des années, voire des décennies." Faire marche arrière ne sera pas facile. La HAS rappelle quelques conseils d’hygiène de vie pour bien dormir : se lever à des horaires réguliers, avoir une activité physique, s’exposer tous les jours à la lu­mière, manger léger le soir et dormir dans une chambre tempérée. Mais la Haute Autorité compte surtout sur les généralistes et les pharmaciens pour relayer son message sur les risques de surconsommation de somnifères auprès des patients.

Protection sociale : installation du Haut Conseil
Le Premier ministre met en place ce matin le Haut Conseil du financement de la protection sociale, présidé par l’économiste Mireille Elbaum. "Derrière la question du financement de la Sécurité sociale se cache celle de la baisse du coût du travail et de la compétitivité des entreprises", estiment Les Echos (page 4). "Du Medef à la CGT, il y a un consensus relatif sur ce constat : le financement de la protection sociale pèse trop exclusivement sur le travail", se félicite le gouvernement, selon le quotidien économique. En revanche, les avis divergent sur les solutions.

Le patronat prône un basculement massif d’une partie de ses cotisations à la fois vers la TVA et la CSG. Le projet abandonné de TVA sociale a fait l’unanimité des syndicats contre lui, à l’exception de la CGC, rappellent Les Echos. L’augmen­tation de la CSG a toujours la faveur de la CFDT. Quant à la CGT, elle a fait savoir hier qu’elle s’opposerait à un transfert des cotisations patronales sur une hausse de la TVA, de la CSG ou des taxes environnementales, rapporte L’Humanité (page 8).

De leur côté, certains députés du parti socialiste estiment également que ce serait "une erreur économique" d’augmenter la TVA comme la CSG. "Dans le contexte actuel, il ne faut rien faire qui puisse nuire à la consommation, estime Pierre-Alain Muet, élu socialiste et économiste, cité dans Les Echos. Après avoir supprimé la TVA sociale, un transfert de cotisations patronales sur les ménages serait totalement injustifié."
John Sutton