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Les nouveaux enjeux de la Mutualité Française

C'est une année particulièrement riche qui s'ouvre pour la Mutualité Française, comme en témoigne le long entretien de son président dans Les Echos (page 27). En premier lieu, la Mutualité Française va présenter "dans les jours qui viennent" au Premier ministre, l'expérimentation qu'elle compte lancer sur l'hypertension artérielle. Elle poursuit un double objectif : "Réguler la prise en charge et améliorer la qualité du suivi médical", explique Jean-Pierre Davant.

Aujourd'hui, indique-t-il, "11 millions de personnes souffrent d'hypertension dont 1 million d'hypertendus sévères classés dans le régime des affections de longue durée". Une gestion efficace de la maladie semble donc s'imposer. Toutefois, prévient-il, "il n'est pas question de tout bouleverser mais d'utiliser ce qui existe et de le rendre plus efficient".

Ce programme entend agir "en amont sur les facteurs de risque et en aval sur l'observance des traitements". Il repose "sur des actions de prévention, d'équilibre alimentaire, de réduction du tabagisme et sur une activité physique adaptée", détaille le président de la Mutualité Française. Si l'exécutif en accepte le principe, ce dispositif devrait être d'abord lancé "sur deux régions pendant deux ans".

Outre une amélioration de la qualité des soins, ce programme "pourrait se traduire, pour l'assurance maladie, par une économie cumulée de 700 euros sur cinq ans par patient, sachant que le coût moyen d'un hypertendu est de 420 euros par an. Les mutuelles économiseraient, elles, 50 euros par patient sur cinq ans".

Autre chantier d'importance : la création d'un "véritable groupe hospitalier". "Cela fait un an que nous souhaitons faire évoluer le groupe hospitalier de la Mutualité Française pour en faire un véritable groupe à capitaux français issu de l'économie so­ciale, déclare Jean-Pierre Davant. L'objectif serait d'adopter une marque commune et d'être en mesure de racheter des établissements afin que chaque métropole soit dotée d'un établissement susceptible de peser sur les tarifs dans sa région." "Toutes les mu­tuelles du Livre III ont répondu présentes à la mise de fond de départ, ainsi que nos grands partenaires comme la Macif, la Matmut, Malakoff-Médéric, AG2R-La Mondiale ou la CNP", poursuit-il.

En matière de conventionnement hospitalier, "d'ici la fin de l'année, les mutuelles adhérentes ne pourront avoir de conventionnement qu'avec des établissements respectant nos critères de qualité", ceux retenus par Priorité santé mutualiste. En parallèle, un dispositif de recueil d'informations sera mis en place. Il portera "sur les conditions tarifaires pratiquées dans chaque service de chaque établissement, afin de pointer les dépassements d'honoraires. Pour ceux qui sont vraiment indécents, nous ne les conventionnerons pas", affirme Jean-Pierre Davant. Concernant Priorité santé mutualiste, l'objectif est d'élargir cette offre "d'ici à la fin du printemps [à] des thèmes plus quotidiens, comme le bon usage des médicaments".

Pour conclure son interview, à un an de la fin de son mandat, le président de la Mu­tualité Française jette un regard sur l'avenir du mouvement mutualiste. "Soit nous poursuivons la politique menée aujourd'hui, et, tout en respectant l'autonomie et la concurrence entre les mutuelles, nous parvenons à créer des outils opérationnels et à innover. […] Soit la FNMF devient uniquement un lieu d'expression et de lobbying sans lien avec le quotidien, ce qui nous fragiliserait beaucoup et nous exposerait à un risque d'éclatement. Vous imaginez bien que je préfère la première solution."

Les Français face à la dépendance
Quelle solution pour financer la dépendance ? C'est l'une des questions à laquelle devra répondre le gouvernement, cette année, en prévision de l'augmentation inévitable du nombre personnes âgées.

Actuellement, souligne La Tribune (pages 2 et 3), le coût total de la dépendance représente 2% du PIB et, à elle seule, l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) s'élève à 4 milliards d'euros.

"D'ici à 2040, le nombre de bénéficiaires pourrait croître de 50%. Or les aides publiques sont déjà insuffisantes pour financer les cas de dépendance les plus lourds et les plus coûteux", s'inquiète le quotidien économique.

Selon le dernier baromètre la Banque Postale Prévoyance-La Tribune, "la perspective d'augmenter les impôts ou les cotisations sociales afin de couvrir la prise en charge par la solidarité nationale rencontre de moins en moins l'approbation". En effet, 36% des personnes interrogées y sont favorables en 2009 alors qu'elles étaient 44 % en 2007.

Désormais, poursuit le sondage, 58% de nos concitoyens "sont partisans de laisser chacun libre de prendre ses dispositions" pour affronter ses vieux jours et prendre en charge sa dépendance.

L'opinion de nos concitoyens est toutefois paradoxale, note le quotidien. En effet "l'intervention de l'Etat en matière de dépendance reste plébiscitée par près des trois quarts des Français". Ils sont notamment 45% à estimer que l'Etat doit prendre en charge les personnes les plus démunies. En revanche, 27% sont favorables à ce que l'Etat couvre la dépendance pour tous.

Dans ce contexte, les assureurs ont commencé à se positionner en proposant des contrats sur ce secteur. Pour l'heure, si­gnale La Tribune, le nombre de personnes assurées reste faible en raison du coût de ces assurances individuelles. "La solution collective dans le cadre de contrat d'entreprise, de groupe professionnel ou mutualiste", au contraire, semble connaître "un regain d'intérêt", notamment parce qu'elle est "meilleur marché", indique La Tribune, qui rappelle que la Mutuelle générale de l'Education nationale (MGEN) a récemment inclus la dépendance dans les contrats santé de 2 millions de personnes.

 

Frédéric Lavignette