Les médecins ne sont pas des pigeons… les patients non plus !

Invitée ce matin sur France Inter, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a estimé que le mouvement des "médecins-pigeons", qui réclament une revalorisation d'honoraires pour les deux secteurs, "ne risque pas de séduire les Français", ironisant sur ce "concours de plumage et de ramage". Cette initiative fait en effet écho aux protestations des entrepreneurs contre le projet de budget présenté début octobre.

Un chirurgien-plasticien niçois est à l'origine de ce mouvement soutenu par le Syndicat des médecins libéraux (SML). Il a créé, dimanche soir, sur Facebook® une page intitulée "Les médecins ne sont pas des pigeons", qui a rapidement rallié des milliers de supporters. Cet accès de grogne comptait 22.000 partisans hier soir, selon Les Echos (page 3).

"Je ne suis pas certaine que ce mouvement, qui est parti d'une volonté de défense de certains chirurgiens esthétiques, soit très représentatif de la majorité du milieu médical", a jugé hier Marisol Touraine, citée dans Le Figaro-économie (page 24).

Cette affaire intervient au moment où les syndicats de médecins libéraux, les complémentaires santé et l'assurance maladie se retrouvent pour une nou­velle séance de négociations en vue de limiter les dépassements d'honoraires, soulignent Les Echos. Un projet de texte devrait préciser les modalités de sanction des dépassements jugés excessifs. Pour les dépassements moins élevés, la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) devrait indiquer les contours du contrat d'accès aux soins qui serait proposé aux médecins.

"Je souhaite la mise en place de sanctions dissuasives contre les dépassements excessifs, a indiqué la ministre de la Santé ce matin au micro de France Inter. Je n'accepterai pas un accord au rabais. En cas d'échec des négociations j'aurai recours à la loi." Marisol Touraine a rappelé que "l'accès aux soins est un enjeu financier et géographique majeur pour les Français".

Par ailleurs, elle a annoncé hier à l'Assemblée nationale qu'elle avait confié à Dominique Laurent, membre du Conseil d'Etat et ancienne directrice des affaires juridiques de l'AP-HP, "une mission pour examiner le cadre dans lequel se pratiquent les dépassements d'honoraires à l'hôpital".

Le Guide des médicaments sous le feu des critiques
"Médicaments ”inutiles” : la polémique enfle", titre en "une" Le Figaro, soulignant que "de nombreux médecins dénoncent les affirmations des professeurs Bernard Debré et Philippe Even, qui […] contestent l'efficacité d'un médicament sur deux".

Avec ses 12.000 exemplaires vendus dès le premier jour, suivis d'un nouveau tirage de 200.000, Le Guide des 4.000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux connaît un succès de librairie phénoménal. Mais cela ne le met pas à l'abri des critiques, loin s'en faut, insiste Le Figaro (page 14).

Toutes les disciplines médicales, ou presque, dénoncent les contre-vérités contenues dans ce livre. La Fédération d'allergologie a porté plainte auprès du Conseil national de l'Ordre des médecins, contre les "propos diffamatoires" tenus par les auteurs, notamment sur les traitements par désensibilisation.

"Ce livre est scandaleux et dangereux. Il risque de provoquer des morts", dénonce le Pr Michel Marre, président de la Société francophone du diabète. "Le message de fond concernant le cholestérol et les maladies cardiovasculaires est terriblement faux", renchérit le Pr Eric Brucker, endocrinologue à La Pitié-Salpêtrière, pour qui certains passages sont "terriblement dans un à-peu-près que l'on accepterait mal d'un étudiant en médecine" !

Enfin, pour Dominique Maraninchi, directeur général de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), "ce qui est dangereux dans ce livre, c'est de faire peur à certains malades qui prennent des médicaments qui leur sont utiles". Pour répondre à la demande croissante d'information des patients, début 2013, l'ANSM mettra en ligne une banque de données, qui fournira toutes les caractéristiques des médicaments et leur évaluation.
John Sutton