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Les médecins boudent de plus en plus l’exercice libéral

En 2010, et pour la seconde année consécutive, près de 9 internes sur 10 ont choisi de ne pas s'installer à leur compte à la fin de leurs études. Ils ont opté pour la médecine de groupe ou retardé leur installation en multipliant les remplacements, observe Eric Favereau dans une enquête publiée dans Libération (pages 12 et 13). "Comme s'ils disaient “non” à la médecine libérale, préférant exercer leur métier sous d'autres formes, en groupe ou, pour la majorité, comme salariés", note le journaliste.

"Ce désintérêt impacte tant la médecine générale que les autres spécialités", constate l'Ordre des médecins, qui pointe un autre signe de ce désenchantement : "L'évolution préoccupante du nombre de médecins remplaçants." Début 2010, l'Ordre recensait 10.006 médecins remplaçants, dont 6.003 ne se sont jamais installés. Autrement dit, les jeunes diplômés semblent prolonger les périodes de remplacements. "Ne caricaturons pas trop", corrige toutefois Bertrand Joly, président de l'intersyndicale nationale des internes des hôpitaux. "Ce chiffre de 9 internes sur 10 est à manier délicatement. Car lorsqu'on termine nos études, la question de notre installation ne se pose pas ; elle se posera quelques années plus tard", nuance-t-il.

Là, en effet, réside le vrai changement, observe Eric Favereau. Il y a encore trente ans, les jeunes diplômés optaient pour une carrière hospitalière ou pour la médecine de ville. Aujourd'hui, leurs parcours sont plus diversifiés. "Certains vont choisir de faire des remplacements, explique Bertrand Joly. D'autres vont vouloir rester à l'hôpital […] ou faire une thèse de sciences, d'autres vont partir en mission dans des ONG ou encore travailler dans l'industrie pharmaceutique." L'exercice libéral n'est plus qu'une option parmi d'autres.

La profession s'est féminisée, indique Libération, mais les jeunes femmes hésitent à s'installer car l'indemnité maternité est dérisoire. Autre changement, la plupart des jeunes médecins souhaitent exercer dans la région où ils ont suivi leurs études, et refusent de travailler 70 heures par semaine. Par ailleurs, les mesures d'incitation à l'installation dans les "déserts médicaux" (primes, facilités de logement), "ne marchent pas, ou très peu", constate le quotidien (page 13). Bref, l'exercice de la médecine change, lentement, mais sûrement.

Nouveau suicide à France Télécom
Le suicide hier à Mérignac (Gironde) d'un salarié de France Télécom, qui s'est immolé par le feu sur un parking de l'entreprise ravive la colère des employés du groupe, marqués par une vague de suicides depuis 2008. Delphine Ernotte, directrice exécutive d'Orange France, s'est rendue sur les lieux du drame et annoncé l'ouverture d'une enquête. "La nouvelle organisation se met en place, avec l'arrêt de la mobilité et la reprise des recrutements", a-t-elle assuré, selon Libération (page 14). La victime, Rémi L., était représentant du personnel (CFDT) et "préventeur", c'est-à-dire chargé des conditions de travail, d'hygiène et de sécurité. "Nous allons demander dans les deux jours une réunion du CHSCT et une enquête interne pour comprendre le geste de Rémi", annonce pour sa part, dans Le Parisien/Aujourd'hui (page 4), Bernard Benquet, délégué syndical CFDT à France Télécom. Rémi L. aurait très mal vécu le fait d'être changé fréquemment de postes et de lieux de travail. Ce suicide porte à 29, depuis le début de l'année 2010, le nombre de salariés de France Télécom ayant mis fin à leurs jours, selon l'Observatoire du stress et des mobilités forcées, créé par les syndicats Sud, CGC et Unsa, rappelle L'Humanité (page 7).
John Sutton