Les limites de l’automédication

L’automédication peut s’avérer dangereuse ! Lors du congrès national de la Société française d’ORL, le Pr Patrice Tran Ba Huy, chirurgien ORL à l’hôpital Lariboisière (Paris), a montré que les anti-inflammatoires utilisés d’ordinaire pour une simple angine ou un abcès dentaire peuvent "favoriser la diffusion d’infections dentaires ou pharyngées et conduire à des cellulites mutilantes, voire mortelles", rapporte Le Figaro (page 16). L’apparition et la diffusion de ces infections bactériennes sont ainsi à l’origine d’une "cellulite cervicofaciale gravissime" qui atteint les tissus profonds de la gorge et du cou.

Chaque année, explique ce médecin, près d’une centaine de patients d’Ile-de-France sont victimes de cette infection nécessitant une intervention chirurgicale en urgence et des soins prolongés en réanimation. Malgré leur hospitalisation, 7% des patients décèdent et près de la moitié souffrent de séquelles esthétiques. "Ces cas, extrêmes, posent cependant la question plus générale de la gestion des armoires à pharmacie familiales et des comportements d’automédication à risque", souligne Le Figaro. Selon un sondage réalisé par Les entreprises du médicament (Leem), les Français manquent de discipline en la matière.

En effet, ils sont seulement 56% à regarder leur ordonnance une nouvelle fois avant de prendre un médicament stocké dans leur pharmacie. Seuls 46% demandent conseil à leur médecin et 42% à leur pharmacien. Certaines personnes (1 sur 5) avouent même dépanner des proches avec ses propres produits.

Selon Le Figaro, les conséquences de ces comportements sur la santé ne sont pas bien connues, car la plupart des incidents ou accidents d’automédication ne sont pas déclarés. D’après des données récentes, on sait seulement que 3,6% des hospitalisations sont liées à un produit de santé. Une enquête menée en 2000 par le service de pharmacologie du CHU de Bordeaux estimait que "trois consultants sur mille en médecine générale étaient victimes d’effets secondaires d’un traitement pris en automédication". Pour 56% de ces accidents, la réutilisation d’un médicament uniquement délivré sur ordonnance était en cause.

La mise en vente libre de 250 médicaments depuis le 1er juillet suscite la crainte du Pr Jean-Paul Giroud, membre de l’Académie de médecine et auteur d’un rapport sur le médicament : "près de la moitié des médicaments mis devant le comptoir serait à déconseiller" en raison du risque qu’ils sont susceptibles d’entraîner.

Budget : cap maintenu
Le ministre du Budget, Eric Woerth, présentera aujourd’hui le projet de loi de Finances à l’Assemblée nationale. Selon Le Parisien/Aujourd’hui (page 5), ce texte "bâti sur des prévisions économiques bousculées par le tsunami qui s’est abattu sur la finance mondiale" ne sera pas simple à défendre. Malgré le déblocage de 360 milliards d’euros pour aider les banques à affronter la crise, le Premier ministre, François Fillon, n’envisage toutefois pas de modifier le plan envisagé en septembre, précise le quotidien.

Même s’il observe "un ralentissement marqué et indéniable sur le terrain", Eric Woerth souligne, dans un entretien aux Echos (page 2), que le plus important pour la construction d’un budget, c’est la prévision des recettes fiscales. Il envisage ainsi une hausse des recettes de 1,5% en 2009, soit un niveau inférieur à l’inflation. En outre, aucune mesure rectificative n’est envisagée sur les dépenses, prévient-il. Il en sera de même pour la Sécurité sociale. "Là encore, nous avons été prudents en anticipant une progression de la masse salariale de 3,5% en 2009, contre 4,5% ", indique-t-il. En revanche, "si les comptes sociaux se dégradent en raison d’un dérapage des dépenses, là, (...) nous réagirons".

Frédéric Lavignette