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Les indemnités maladie rabotées

Les indemnités maladie pour les salariés touchant plus de 2.500 euros brut par mois baisseront à partir de 2012, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 15). Ce compromis, trouvé hier entre le gouvernement et un groupe de travail de l'UMP à l'Assemblée nationale, met fin à une série d'allers-retours entre un gouvernement soucieux de trouver des économies pour la Sécurité sociale et les députés de la majorité. Ces derniers sont revenus au principe d'une baisse des indemnités journalières (IJ), mais en épargnant les plus bas salaires puisqu'ils l'ont limitée aux salariés touchant 1,8 fois le Smic et plus chaque mois, précise Libération (page 17).

A l'origine, le gouvernement envisageait de faire passer les IJ de 50% du salaire brut à 60% du salaire net, ce qui aurait provoqué une baisse pour l'ensemble des salariés, y compris ceux dont les revenus sont les plus faibles. Pierre Méhaignerie (UMP), président de la commission des Affaires sociales à l'Assemblée, avait chiffré la baisse à 40 euros par mois pour un salarié au Smic.

Mal vécue par les patients, la stigmatisation des arrêts maladie orchestrée par le gouvernement est aussi fortement critiquée par les médecins, qui insistent sur le fait que médicalement, l'arrêt de travail est aussi nécessaire que la prescription de médicaments, souligne le site lemonde.fr. Si les praticiens ne nient pas les abus des patients comme de certains de leurs confrères, ils estiment que les refus d'arrêts maladie pour éviter une baisse de revenus sont plus fréquents.

D'autres moyens existent pourtant pour réduire les dépenses d'arrêts maladie, sans toucher au porte-monnaie des malades, ni creuser les inégalités, comme la mise en place de recommandations par l'assurance maladie du nombre de jours à prescrire pour chaque pathologie. Mais le gouvernement a fait le choix de la rigueur, estime le site Internet du Monde.

Du côté des partis politiques, l'UMP se félicite que 70% des salariés ne seront pas impactés par cette décision. En revanche, la gauche, les syndicats et les associations contestent ce nouveau dispositif. Le gouvernement continue de "faire des économies sur le dos ma­lades", dénonce la députée Marisol Touraine, chargée des questions de santé au PS. "Aujourd'hui, le gouvernement module les arrêts maladie en fonction des revenus. Demain, fera-t-il de même pour les soins ou les médicaments", interroge-t-elle dans Les Echos (page 4). Cette réforme est "une nouvelle injustice qui va toucher les classes moyennes. Ce sont elles qui sont la cible", renchérit Jean-Marc Ayrault, chef de file du groupe socialiste à l'Assemblée, dont les propos sont rapportés dans Libération. Du côté syndical, la CGT et la CFDT critiquent également la mesure. Enfin, pour la Fnath (accidentés de la vie), ce compromis "porte atteinte au principe fondateur de la Sécurité sociale qui veut que chacun cotise selon ses moyens et reçoive selon les besoins" (Les Echos).

Dépendance : un chantier prioritaire
Nicolas Sarkozy s'était engagé il y a un an à ouvrir "le chantier de la dépendance", rappelle Le Monde dans son supplément Argent (lemonde.fr). Après une intense concertation et l'organisation d'ateliers dans toute la France, dont la majorité comme l'opposition avaient salué le sérieux, "la montgolfière de la dépendance s'est dégonflée comme un ballon de baudruche", ironise le site Internet du Monde. La création d'un cinquième risque de la protection sociale semble repoussée, voire enterrée. Pour le député UMP Denis Jacquart, "mieux vaut repousser que mettre en place un dispositif à la va-vite, afin de bâtir un vrai statut de la perte d'autonomie".

Quand relancera-t-on ce chantier ? Probablement au cours du débat autour de la présidentielle, voire après les élections. 70% des Français interrogés estiment pourtant, à juste titre, que la dé­pendance sera l'un des enjeux de la cam­pagne présidentielle, selon un sondage réalisé pour l'Ocirp, organisme qui fédère des institutions de prévoyance. "Si on les interroge sur le choix des solutions pour financer ce risque, 40,6% des sondés évoquent spontanément la seule solidarité nationale, tandis que 41,9% d'entre eux pensent qu'il faut s'orienter vers un système associant un socle de solidarité nationale et des assurances complémentaires", note lemonde.fr. "Ces chiffres confirment l'attachement des Français aux solutions collectives, conclut lemonde.fr. S'ils n'y sont pas hostiles, ils estiment que les solutions individuelles ne doivent intervenir qu'en complément de la solidarité nationale."
John Sutton