Les femmes de plus en plus victimes du tabac

Ce matin, à l’occasion de la Journée mondiale contre le tabac, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, doit dévoiler les mesures du plan antitabac qui doit être inclus dans la loi de santé publique prévue pour 2014. Pour certains observateurs, ces dispositions seraient les premières prises depuis la loi de 2006 qui interdit de fumer dans les lieux publics.

Selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), cette loi a largement contribué au changement de comportement des fumeurs dans les restaurants, les cafés ou au travail. Les adeptes de la cigarette, tout comme leur entourage bien sûr, avouent d’ailleurs apprécier cette interdiction. Désormais, indique France Info, 40% des fumeurs interdiraient même de fumer à leur domicile.

Pourtant, remarquent Les Echos (page 4), "le nombre de fumeurs, qui avait nettement reculé depuis le début des années 1990, est reparti à la hausse". Selon la dernière enquête de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), les fumeurs quotidiens représentaient en 2010 28,7% de la population, soit 2% de plus qu’en 2005. Et chaque année, le tabac entraîne la mort de 70 000 personnes.

D’après l’Inpes, c’est chez les femmes que la consommation a le plus augmenté. Avec 28% des femmes se déclarant fumeuses contre 36% pour les hommes, relève Le Parisien/Aujourd’hui (page 12), "jamais l’écart entre fumeurs et fumeuses n’a été aussi faible". Le comportement des femmes est d’ailleurs très différent de celui des hommes, poursuit le quotidien. Par exemple, à leur différence, elles tirent sur la cigarette jusqu’à la dernière bouffée ou aspirent plus profondément qu’eux la fumée.

Pendant leur grossesse, elles semblent avoir du mal à stopper le tabac, souligne l’Inpes : "Une future mère sur quatre déclare fumer tous les jours. Ce phénomène n’a jamais été aussi important."

Les femmes sont de surcroît "moins résistantes sur le plan physique que les hommes". C’est pour cela qu’elles "développent des maladies graves comme le cancer du sein plus tôt", observe le psychiatre et addictologue Amine Benyamina. Et en 2015, le cancer du poumon devrait tuer plus de femmes que celui du sein.

Face à de telles prises de risque, et quel que soit le sexe du fumeur, les associations aspirent à un "nouvel élan" politique en matière de lutte contre le tabac, notent Les Echos. Certaines réclament des paquets neutres, des taxes prélevées à la source sur les bénéfices de l’industrie du tabac ou encore la publication de tous les liens d’intérêts entre les industriels et la sphère politique.

De son côté, en tant que président de l’Alliance contre le tabac, l’ex-député (UMP) Yves Bur demande à ce que les produits de sevrage soient remboursés à 100% par l’assurance maladie, tout comme les consultations de tabacologues.

Réforme des allocations familiales : l’heure du choix
La décision concernant le sort des allocations familiales devrait être prise ce week-end par le chef de l’Etat : seront-elles finalement modulées en fonction du niveau des revenus ou baissera-t-on le plafond du quotient familial ? En d’autres termes, le gouvernement choisira-t-il "une mesure d’économie réduisant la dépense publique" ou "une énième hausse des prélèvements", selon les termes de Libération (page 20) ?

Quel que soit le choix, indique Le Figaro (page 21), cette réforme de la politique familiale vise à réduire le déficit de la branche famille de la Sécurité sociale, qui s’élève à 2 milliards d’euros.

Alors que la première option a longtemps été envisagée, le gouvernement semble aujourd’hui "faire machine arrière et pencher vers la deuxième", croit savoir ce quotidien. Il faut dire que la modulation des allocations en fonction des revenus a été fortement contestée par une partie de l’opinion, qui a craint "la remise en cause de l’universalité de la politique".

L’autre scénario "consiste à abaisser drastiquement le plafond du quotient familial", autrement dit, poursuit Le Figaro, le dispositif fiscal qui permet aux familles de bénéficier d’allégements d’impôts pour compenser le coût que représente l’éducation des enfants.

"Si les deux solutions présentent des avantages et des inconvénients, écrit Libération, leur rendement sera globalement équivalent, comme le montrent les projections du rapport Fragonard." Si l’on réduit les allocations familiales en fonction des revenus, l’économie réalisée serait d’1 milliard d’euros annuel environ. Avec la baisse du quotient familial, l’économie serait de 915 millions d’euros et représenterait un supplément d’impôt moyen de 68 euros par mois pour 1,1 million de familles.

La décision du gouvernement sera annoncée lundi par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, après une réunion avec les membres du Haut Conseil de la famille.

Frédéric Lavignette