Les enjeux du congrès de Bordeaux

A la veille de l’ouverture du congrès de Bordeaux, Le Figaro (page 21) consacre une longue interview du président de la Mutualité française. Dans cet entretien, Jean-Pierre Davant annonce le lancement officiel de "Priorité santé mutualiste". Ce programme, dont le principe a été adopté il y a trois ans, vise à créer un bouquet de services, "sans équivalent dans notre pays", explique-t-il.

Comme le détaille Le Figaro, en composant le 3935, 10 millions d’adhérents pourront contacter des infirmières, des psychologues, des diététiciens, des conseillers en économie sociale et familiale ou encore des médecins. Ils proposeront à leur correspondant des informations administratives et médicales, des programmes d’accompagnement et surtout une orientation dans le système de soins.

Pour Jean-Pierre Davant, la mise en place de ce programme "n’était pas gagné d’avance, tant on a peu cette culture de l’organisation du système de santé en France". Cette volonté d’optimiser le système de soins trouve aujourd’hui un écho particulier. En effet, à l’heure où se profilent "des perspectives abyssales de déficits sociaux", annonce Le Figaro, il est "plus que jamais (urgent) de faire évoluer notre système de soins", affirme Jean-Pierre Davant.

Lors de ce congrès, "je vais essayer de montrer au président de la République que la Mutualité est capable d’innover mais aussi d’avoir un impact direct sur la façon dont est organisé le système de santé", indique Jean-Pierre Davant dans Le Quotidien du médecin. Sur le volet de l’organisation des soins, la Mutualité souligne ses points de désaccord avec la loi "Hôpital, patients, santé, territoires" (HPST), en passe d’être votée par le Sénat.

Au départ, "la seule chose que nous avions à reprocher (à ce texte), c’était de ne pas aller assez loin". Mais la discussion au Sénat a fortement réduit les bonnes intentions initiales du texte, regrette Jean-Pierre Davant dans Le Figaro. Par exemple, au sujet de la gouvernance de l’hôpital, Jean-Pierre Davant est "effrayé" par la pression qui a été exercée par certains professionnels auprès des pouvoirs publics.

"Certains syndicats de médecins libéraux très conservateurs, certains syndicats de salariés et des mandarins qui n’ont d’autre but que de défendre des dépassements d’honoraires, au sein même de l’hôpital public, dont les montants sont de plus en plus insupportables" se sont mobilisés pour défendre leur intérêt en créant "un sentiment de peur", déplore-t-il.

Au congrès de Bordeaux, la Mutualité française entend montrer que "qualité de la prise en charge médicale et régulation des dépenses ne sont pas contradictoires". "Nous avons fait des propositions d’ouverture pour être partie prenante dans une prise en charge des maladies chroniques qui représentent la plus grande part de la hausse des dépenses d’assurance maladie", indique Jean-Pierre Davant. Une mise en place de réseaux et des filières avec les patients et les médecins volontaires permettraient, par exemple, de garantir un meilleur suivi médical. Dans ce cadre, les praticiens seraient "payés forfaitairement", alors que "les malades bénéficieraient du tiers payant".

Cancer : l’oncogériatrie, une nouvelle priorité
A quelques heures de la clôture du plus grand congrès de cancérologie au monde, qui se tient à Orlando en Floride, Le Parisien/Aujourd’hui (page 11) indique que les personnes âgées sont la nouvelle priorité des chercheurs. "Aujourd’hui, près d’un tiers des cancers surviennent chez des personnes de plus de 75 ans, mais dans quarante ans, en 2050, cette proportion atteindra plus de 50%", signale le quotidien.

On comprend donc pourquoi quinze unités pilotes de coordination entièrement dévolues à l’oncogériatrie ont été ouvertes ces quatre dernières années en France. Cette discipline, qui devrait d’ailleurs être largement présente dans le second plan anticancer dévoilé à la fin du mois de juin, vise à améliorer l’état de santé du patient âgé aux différentes étapes de sa maladie.

Selon Jean-Pierre Droz, spécialiste de cette "médecine très complète" au centre Léon-Bérard (Lyon), l’oncogériatrie constitue "un véritable plan personnalisé des soins" puisqu’"on vérifie si le patient a des maladies associées, s’il est valide, s’il a une famille…"

Frédéric Lavignette