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Les compléments alimentaires dans le collimateur de l’Autorité européenne de sécurité des aliments

Les rayons des parapharmacies en sont pleins et pourtant leur efficacité est loin d'être démontrée. Pour cette dernière raison, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a voulu expertiser les composants de ces compléments alimentaires qui se vantent de drainer l'organisme, de couper l'appétit voire d'apaiser la douleur ou de calmer les nerfs.

Selon les premières conclusions des analyses que rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3), une majeure partie de ces produits "ne présente aucune garantie de résultat". Pire, prises à forte dose, certaines de ces pilules "peuvent s'avérer nocives pour la santé".

Trois d'entre elles sont particulièrement soupçonnées d'inefficacité. Le "XLS Medical", que produit la société Omega Pharma, est l'une de celles-là. Composé de phaséolamine, autrement dit un extrait de haricot blanc, ce produit est censé faire perdre du poids en bloquant les glucides, vertu que conteste l'EFSA.

Pour autant, observe le journal, la so­ciété "Omega Pharma se défend de toute illégalité en expliquant que son produit ne dépend pas de la réglementation alimentaire, mais de celle sur les dispositifs médicaux", paradoxalement plus souple. Même classification pour le "Cys-Control", commercialisé par Arkopharma et censé agir sur les infections urinaires grâce à son extrait de cranberry, ou pour le "Topslim", fabriqué par Oenobiol à partir de chitosane, un extrait de carapace de crustacés, pour favoriser l'amaigrissement.

Pour obtenir ce statut et commercialiser son produit, il suffit pour le laboratoire d'obtenir une certification auprès d'une entreprise privée. L'expertise de cette dernière ne prend pas en compte le critère d'efficacité, mais seulement celui de sécurité, qui englobe les conditions de sa fabrication et la nocivité de son impact.

Consciente de ce "contournement de la réglementation", l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) vient de saisir la Commission européenne. Selon un représentant de l'agence en effet, "un dispositif médical est censé avoir une finalité sur la santé, ce qui est loin d'être le cas".

Un effort technologique pour la dépendance
Sans nul doute, le Salon des services à la personne qui s'ouvre jeudi devrait mettre en avant les dernières nouveautés technologiques au service de la perte d'autonomie. En effet, les "déambulateurs intelligents", les dispositifs domotiques ou encore les "robots compagnons" font peu à peu leur entrée dans l'environnement des personnes âgées ou handicapées grâce aux nouvelles technologies. Et à l'heure actuelle, on re­cense près de 13.000 produits de ce type.

Toutefois, selon un rapport commandé à Luc Broussy par la ministre chargée des Personnes âgées et de l'Autonomie, Michèle Delaunay, on est encore loin d'une réelle efficacité technologique. Pour le rapporteur, en effet, écrivent Les Echos (page 12), il y a certes en France "de très nombreuses entreprises innovantes. Mais on est plus près pour l'heure de Géo Trouvetou, des castors Juniors et du concours Lépine que de la construction d'une véritable filière industrielle puissante, cohérente et organisée."

Le rapporteur estime qu'il serait urgent de créer une Agence nationale des technologies de l'autonomie pour accélérer le processus innovant en domotique et robotique, car, pour le moment, seule la téléassistance a connu un véritable développement. Et encore, comparée au Royaume-Uni où elle est utile à 2 millions de personnes, la téléassistance ne concerne en France que 400.000 personnes.
Frédéric Lavignette