Le débat sur la retraite relancé

"Déficit record", "du jamais vu", "au fond du trou", "dossier épineux". Au lendemain de la remise du rapport de la Commission des comptes de la Sécurité sociale au gouvernement, la presse ne manque pas d'expressions catastrophistes pour qualifier la situation de la "Sécu" en 2009. "Sous l'effet de la tempête économique", explique Le Parisien/Aujourd'hui (page 11), le déficit des quatre branches devrait atteindre – 20,1 milliards d'euros pour 2009, soit le double du déficit 2008 !

Selon le ministre des Comptes publics, Eric Woerth, ce passif est pour moitié "conjoncturel, lié à la chute brutale des recettes", explique Le Figaro (page 20). En d'autres termes, la forte baisse de la masse salariale explique les faibles rentrées de cotisations sociales. Mais même dans ce contexte, poursuit Le Figaro, Eric Woerth n'a "pas du tout, du tout, renoncé à l'objectif d'équilibre" des comptes.

"Si rien n'est fait, le déficit devrait encore bondir l'an prochain", préviennent Les Echos (page 3). Des mesures urgentes sont par conséquent nécessaires, mais le gouvernement ne semble pas favorable à une augmentation de la Contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) pour accroître les recettes. Côté dépense, il penche pour une "maîtrise rigoureuse". En d'autres termes, traduit Le Parisien/Aujourd'hui, il s'agit d'un "serrage de vis sur certaines dépenses", et plus particulièrement sur les transports sanitaires et les arrêts de travail.

Pour la retraite, le Premier ministre "lève le tabou du recul de l'âge de la retraite", titre La Tribune (page 4). En effet, François Fillon n'écarte pas l'idée de repousser à l'avenir l'âge légal à 67 ans, lequel est fixé à 60 ans depuis 1982. Une idée déjà évoquée ce week-end le ministre du Travail, Brice Hortefeux. "C'est une question qui devrait faire l'objet d'un débat dans le cadre d'une élection présidentielle ou d'une élection législative", a déclaré le chef du gouvernement.

Selon une étude du Conseil d'orientation des retraites (Cor), citée par La Tribune, "le solde de l'assurance retraite serait amélioré de 4,4 milliards d'euros en 2020 si l'âge minimum légal était porté à 61,5 ans (et si dans le même temps la durée de cotisation passait à 41,5 ans)". Pour L'Humanité (page 3), l'exécutif "saisit l'annonce des déficits de la Sécu pour relancer le débat sur la retraite".

Maintien de la mutuelle : les entreprises s'organisent
"Le 1er juillet, les entreprises devront être en mesure de garantir à leurs ex-salariés licenciés le maintien de leur mutuelle pendant neuf mois", rappellent Les Echos (page 28). Même si la mise en place de cette nouvelle mesure a six mois de retard sur le calendrier prévisionnel, "les entreprises s'organisent".

Leur première difficulté, note le quotidien, est de déterminer les "populations concernées" par ce nouveau dispositif. Normalement, une relation devrait être établie entre l'assuré, son ex-employeur et l'assureur afin de favoriser au mieux l'entrée en vigueur de cette mesure. Or, l'absence de système d'information semble poser problème, relève un observateur.

Au-delà de cet aspect, le financement du dispositif demeure une question épineuse, notent Les Echos. Il existe deux possibilités : soit un système de cofinancement, assuré par l'ancien employeur et l'ancien salarié ; soit un système de mutualisation, où le maintien des garanties est financé par les actifs car intégré au contrat collectif. "Dans tous les cas, les entreprises devront se déterminer, au plus tard avant les renouvellements de janvier 2010", indiquent Les Echos.

Frédéric Lavignette