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Le « J’accuse » de Pierre Moscovici

"J'accuse le gouvernement précédent de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour redresser les finances du pays." Dans un long entretien qu'il accorde au Figaro (page 4) quotidien, le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, explique en effet que le nouveau gouvernement hérite de "600 milliards d'euros de dettes supplémentaires et d'une compétitivité dégradée". A ce titre, ajoute-t-il, le rapport issu de l'audit de la Cour des comptes doit confirmer aujourd'hui que "certaines mesures n'ont pas été financées, pour un montant d'au moins 1,5 milliard".

Pour Libération (pages 2 à 4) ces "dépenses mal financées" sont autant de "cadavres dans le placard" laissés par le précédent ministère du Budget. Par exemple, indique la Cour des comptes, 300 millions d'euros concernent la prime de Noël pour les allocataires du RSA et d'autres mesures de solidarité qui n'ont pas été provisionnées.

Près de "200 millions portant sur des baisses de charges promises aux agriculteurs" n'ont pas été non plus financés, au même titre que certains programmes pour l'hébergement d'urgence et les dépenses militaires. Côté minis­tère des Sports, la réforme des retraites des sportifs de haut niveau risque aussi d'être fortement "aléatoire", ajoute Libération, tout comme les primes promises aux futurs médaillés olympiques et paralympiques : un trou de 50 millions d'euros affecte en effet le budget de ce ministère.

La remise du rapport de la Cour des comptes ce matin "pourrait se révéler opportune" pour le gouvernement, observe Le Monde (page 8), surtout à la veille de la déclaration de politique générale du Premier ministre. Les prévisions de l'Insee, qui annonce une croissance "pire que prévu" (0,4% pour 2012), devraient lui permettre d'"imposer à l'opinion la perspective de la rigueur sans en prononcer le mot", tout comme la récente annonce de la baisse du pouvoir d'achat des ménages ou la publication vendredi de l'augmentation de 72,4 milliards d'euros de la dette publique au premier trimestre…

Les premières victimes de la rigueur, annoncent Les Echos (page 4), devraient être les fonctionnaires. Puisque le gouvernement projette de stabiliser la masse salariale, "un tour de vis sur les salaires" est à attendre. Par ailleurs, ajoute Le Figaro (page 5), hormis pour les ministères prioritaires que sont l'Education, la Sécurité et la Justice, une baisse annuelle de 2,5% des effectifs est envisagée de 2013 à 2015. "Soit des coupes drastiques, largement au-dessus de celles envisagées à l'époque par Nicolas Sarkozy", commente le quotidien. En somme, conclut de son côté L'Humanité (page 10), "le disque a changé, mais la musique reste désagréable aux oreilles des agents".

De nouveaux outils pour l'économie sociale et solidaire
Pour le moment il ne s'agit que d'un projet, mais un nouveau statut pour les coopératives pourrait naître à la fin de l'année, dans le cadre du projet de loi sur les licenciements abusifs préparé par le ministre du Travail. Entre l'entreprise classique et la société coopérative et participative (Scop), ce nouveau statut faciliterait notamment la reprise de l'activité par les salariés.

Selon Les Echos (page 5), le ministre de l'Economie sociale et solidaire, a en effet annoncé vendredi vouloir préserver les emplois du secteur de l'économie so­ciale et solidaire (ESS) qui risquent d'être menacés par des plans sociaux dans les prochains mois. D'après Benoit Hamon, ce sont chaque année "200 000 emplois qui disparaissent faute de repreneurs alors que les entreprises concernées sont saines. Elles ne dégagent pas forcément une rentabilité à deux chiffres mais elles sont viables".

Comme le rappellent Les Echos, l'ESS, qui regroupe à la fois les associations, les coopératives, les mutuelles et les fondations, représente plus de 10% de l'emploi privé en France. Au-delà d'un nouveau statut, Benoît Hamon annonce également de nouveaux instruments pour consolider ce secteur : conformément à la promesse du président de la République, 150.000 emplois d'avenir devraient être créés dans "le secteur non lucratif ou à lucrativité limité". Même si "tous ne seront pas fléchés sur l'ESS", ajoutent Les Echos, "elle pourrait en hériter d'une large partie".
Frédéric Lavignette