La route fait autant de handicapés que de morts

"L’étude publiée aujourd’hui permet d’affirmer que le risque d’être lourdement handicapé suite à un accident de la circulation est égal au risque d’être tué sur la route", indique l’Institut de veille sanitaire (InVS) dans une enquête rendue publique aujourd’hui, citée dans Le Figaro (page 10). "Pour les cyclistes et les usagers de deux-roues motorisés, le risque de handicap lourd est beaucoup plus élevé que celui d’être tué", précise l’InVS. L’enquête révèle que si les tués sont assez bien recensés par les forces de l’ordre, les blessés sont sous-estimés, leur dénombrement étant "incomplet et biaisé".

Sur la période 1996-2004, le nombre annuel moyen de blessés en France aurait été de 514.300, dont 41.000 piétons, 56.000 cyclistes, 120.000 usagers de deux-roues motorisés et 277.000 automobilistes. Parmi ces blessés, 137.000 ont été hospitalisés, dont 60.800 pour des blessures graves et 7.500 avec des séquelles majeures, note Le Figaro. Par mode de transport, il y a autant de blessés graves chez les motards que chez les automobilistes (de l’ordre de 20.000), et 1 motard tué pour 3,6 automobilistes alors que les premiers ne représentent que 1% des kilomètres parcourus. Il y a autant d’accidents mortels chez les cyclistes que chez les piétons (6.000 environ).

Concernant les blessés, les lésions à la tête sont toujours prédominantes, plus particulièrement chez les piétons et les cyclistes, alors que les membres inférieurs et la colonne vertébrale sont plus souvent concernés chez les automobilistes et usagers de deux-roues motorisés. "Aujourd’hui on sait mieux soigner ces patients qu’il y a vingt ans", témoigne, dans La Croix (page 5), Philippe Azouvi, chef du service de rééducation fonctionnelle de l’hôpital Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine). Il souligne notamment les avancées réalisées au niveau de la réanimation, le suivi post-hospitalier après la rééducation, la prise en charge des personnes paraplégiques ou tétraplégiques et la prévention des complications. "Mais, en dépit de ces progrès, il faut reconnaître que ce sont souvent des vies qui restent à jamais brisées à cause d’un accident de la route", regrette Philippe Azouvi.

Offre d'emploi "raisonnable"
La définition d’une offre "raisonnable" d’emploi, que les chômeurs ne pourraient refuser plus de deux fois sous peine de sanction financière, sera au cœur des discussions aujourd’hui à Bercy entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Le gouvernement voudrait qu’un chômeur ne puisse pas refuser au bout de six mois de recherche d’emploi plus de deux offres rémunérées à 80% du salaire précédent et comportant moins de deux heures de trajet quotidien, précise latribune.fr. Au bout d’un an, tout emploi rémunéré à hauteur de l’allocation-chômage sera considéré comme acceptable, notent Les Echos (page 4). Une définition que les syndicats jugent unilatérale et restrictive, dénonçant une ingérence dans les prérogatives des partenaires sociaux. "Dumping social", selon Bernard Thibault (CGT), "règle ridicule" pour François Chérèque (CFDT). "La nouvelle définition de l’offre “raisonnable” d’emploi, que veut imposer le gouvernement, ne passe décidément pas auprès des syndicats", constate Libération (page 17).

John Sutton