La loi réformant le contrôle des médicaments définitivement adoptée par l’Assemblée nationale

L’Assemblée nationale a défini­tivement adopté lundi soir la loi réformant le contrôle des médicaments. Motivée par l’affaire du Mediator®, cette réforme vise à rendre plus transparentes les décisions prises lors de l’adoption de nouvelles molécules. Désormais, indique Le Parisien/Au­jourd’hui (page 13), tout le cheminement entrepris par un médicament avant sa commercialisation devrait être de la sorte lisible : depuis sa présentation par les laboratoires aux autorités sanitaires jusqu’à son autorisation de mise sur le marché (AMM).

Selon le député (PS) de Haute-Garonne, Gérard Bapt, qui a présidé la mission d’information parlementaire sur le Media­tor®, la nouvelle agence du médicament "sera véritablement plus transparente". Toutefois, reconnaît-il, "il y a des choses sur lesquelles on aurait aimé davantage de changements".

"Jusqu’ici, les débats de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé étaient, par exemple, confidentiels, rappelle le quotidien. A partir d’aujourd’hui, ceux de la nouvelle Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM qui remplace l’Afssaps) seront filmés et rendus publics." Autre nou­veauté : les fausses déclarations de conflits d’intérêts des médecins experts de l’ANSM seront désormais sanctionnées.

Pour ce qui est des visiteurs médicaux, ils ne pourront plus désormais s’entretenir en face-à-face avec "n’importe quel médecin". D’après Le Parisien/Aujour­d’hui en effet, "les visites collectives – plusieurs médecins présents – leur seront imposées dans les hôpitaux. Mais pas chez les médecins de ville".

Pour la revue médicale Prescrire, qui est à l’origine des premiers soupçons sur le Mediator®, cette nouvelle loi sur le médicament ne permettra pas d’éviter de nouveaux scandales sanitaires. Pour elle, la France a "un problème avec le médicament, très largement au-delà du désastre du Mediator®". En effet, la forte consommation médicamenteuse entraîne chaque année "des milliers de morts". Pour Prescrire, "ce problème ne sera pas résolu par la nouvelle loi".

Prothèses mammaires PIP : appel au retrait collectif
Cela se confirme : ce sera bien vendredi que le ministre de la Santé devrait annoncer les mesures qu’il entend prendre sur ce nouveau dossier sanitaire que sont les prothèses PIP.

Après avoir reçu les dernières recommandations des experts réunis par l’Institut national du cancer (Inca), Xavier Bertrand va annoncer un plan gouvernemental à l’attention des 30 000 femmes qui se sont fait implanter ces prothèses mammaires défectueuses et dont le silicone non-médical pourrait être responsable de huit cas de cancer, annonce Libération (pages 2 à 4).

Le ministre devrait ainsi décider "s’il recommande aux femmes concernées de les faire explanter dans les semaines et mois qui viennent", note Le Figaro (page 15). Pour l’heure, les experts estiment que le lien entre le cancer et ces implants n’est pas démontré.

Interrogé hier, Xavier Bertrand a ré­pété ce message que rapporte Libé­ration : "Toutes les femmes porteuses d’implants PIP seront remboursées de leurs frais médicaux et chirurgicaux liés à l’explantation (échographies, analyses, retrait de l’implant, examens de contrôle postopératoire)." Il a également ajouté que "les femmes qui relèvent d’une reconstruction après chirurgie du cancer du sein seront également remboursées de la pose d’une nouvelle prothèse".

Pour celles qui ont entrepris une pose pour des raisons esthétiques, les nouvelles prothèses seront à leur charge. Dans ce cadre, la Société française des chirurgiens esthétiques plasticiens, ainsi que l’Ordre des médecins demandent aux praticiens de "ne pas abuser dans les dépassements d’honoraires".
Frédéric Lavignette