La grippe s’empare du Nord de la France

Ca y est, le seuil épidémique vient d'être franchi ! Selon les deux réseaux de surveillance que sont l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et les groupes régionaux d'observation de la grippe (Grog), le cap des 174 cas de grippe pour 100.000 habitants est en effet atteint.

Le chiffre actuel s'établit aux alentours de 280 cas pour 100.000 habitants signale Libération (page 10). Rien que pour la se­maine dernière, indique l'Inserm, 176.000 nouveaux cas de syndromes grippaux ont été diagnostiqués en médecine générale.

Selon Le Parisien/Aujourd'hui (page 7), "la grippe est d'une ampleur importante cette année". De façon très classique, elle se déclare entre Noël et le jour de l'an et, pour le moment, la moitié nord du pays est la plus touchée, notamment l'Ile-de-France, la Basse et la Haute-Normandie ainsi que le Nord-Pas-de-Calais.

Trois virus ont été identifiés par les spécialistes ajoute le quotidien : le H1N1, le H3N2 et le B. Selon le docteur Jean-Marie Cohen, coordinateur national des Grog, ces trois virus "ne se tuent pas entre eux, mais certains se développent mieux que d'autres". D'habitude, l'un d'entre eux parvient à prendre le dessus et il est assez rare d'avoir comme cette année trois virus grippaux en circulation en même temps.

Pour l'heure, le virus B est celui que les observateurs ont le plus identifié chez les malades, juste avant le H1N1 et le très discret H3N2. Le virus H1N1 est cependant mis en cause dans 7 des 9 cas graves déjà enregistrés parmi lesquels deux décès sont à déplorer. Sur ces 9 personnes, signale l'Institut national de veille sanitaire (InVS) "deux d'entre elles étaient des femmes enceintes et deux autres souffraient d'obésité".

Baisse des dépenses de radiographie
Les chiffres sont pour le moment partiels, mais la tendance se confirme. Selon la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), les dépenses remboursées de radiographie connaissent un recul progressif qui s'est accéléré depuis le début de l'année.

"Sur les 10 premiers mois de 2010, rapportent en effet Les Echos (page 3), le nombre de radios réalisées est en baisse de près de 1% par rapport à la même période de 2009. En valeur, la chute atteint même 4,9%." Pour l'heure ces données satisfaisantes pour la Sécu ne concernent que le secteur libéral et non l'hôpital public.

Elles dénotent cependant que la Haute Autorité de santé a été entendue. Depuis 2008, en effet, la HAS recommande de ne plus favoriser les radiographies du crâne en cas de traumatisme crânien en raison de leur inutilité. Cette même année, celles-ci ont ainsi reculé de 4,3% puis de 2,1%, l'année suivante. Depuis le début de l'année 2010, cette diminution s'est accélérée pour atteindre – 9%. Selon la Cnam, 900.000 radios du crâne sont tout de même encore réalisées tous les ans.

Parallèlement, les baisses de tarifs des actes de radiologie se poursuivent. Comme l'indiquent Les Echos, "tous les ans, le prix des actes de radiologues remboursés par la Sécurité sociale est raboté". Cette année, une centaine de millions d'euros ont ainsi été économisés. On en prévoit 110 millions pour l'an prochain. Les honoraires de radiographie remboursés par la Sécu "devraient tomber sous la barre du milliard d'euros en 2011, si la tendance se poursuit", indique le quotidien économique. Mais en contrepartie de cette diminution, le nombre des actes réalisés par scanner et par IRM est lui en augmentation de plus de 6% depuis le début de l'année. Au total, les actes d'imagerie réalisés par les médecins libéraux ont représenté une dépense de 2,6 milliards d'euros pour l'assurance maladie en 2009 et cette augmentation devrait se poursuivre cette année avec + 2%.

Santé : ce qui change en 2011
Au programme des changements attendus pour la nouvelle année, le secteur de la santé n'est cette fois pas encore épargné. Petit rappel de ce à quoi devront s'attendre les Français. En ce qui concerne les médicaments, si­gnale Le Parisien/Aujourd'hui (page 4), ceux à vignette bleue ne seront plus remboursés à 35% mais à 30% par l'assurance maladie obligatoire, tandis que le remboursement des seringues et pansements passera de 65% à 60%.

Le ticket modérateur forfaitaire sur les actes coûteux en ville et à l’hôpital, lui, reste à 18 euros mais s’appliquera désormais sur les actes supérieurs à 120 euros, au lieu de 91 euros aujourd’hui. En dessous de ce seuil, il faut payer le ticket modérateur de 20%.

Pour ce qui est de la consultation chez le généraliste, poursuit La Croix (page 17), elle coûtera un euro de plus, soit 23 euros. Les dépenses des transports des patients en affections longue durée (ALD) ne seront plus remboursées si l'état de santé ne le justifie pas. Enfin, le plafond donnant droit à l'aide à la complémentaire santé (ACS) est relevé. Jusqu'à présent, cette aide est accordée aux foyers dont les revenus ne dépassent pas de plus de 20% le seuil d'accès à la couverture maladie universelle complémentaire (CMUC). Ce plafond sera relevé à 26% en 2011 et 30% en 2012.
Frédéric Lavignette