La baisse des prévisions de croissance entraîne un nouveau plan de rigueur

A l’issue du Conseil des ministres, qui se tient exceptionnellement aujourd’hui, les Français seront fixés sur le nouveau plan d’austérité élaboré par le Premier ministre. Comme l’indique Le Parisien/Aujourd’hui (pages 2 et 3), ce "tour de vis" supplémentaire qui vise à dégager 6 à 8 milliards d’euros "a été réclamé par Nicolas Sarkozy compte tenu de la baisse des prévisions de croissance en 2012 (1% au lieu de 1,75%)".

Samedi, lors d’un déplacement en Haute-Savoie, François Fillon a préparé les esprits. Le budget 2012, a-t-il prévenu, sera l’un des "plus rigoureux que la France ait connu depuis 1945". Grâce à ces efforts, a-t-il certifié, la France va rester "l’un des dix pays au monde avec la meilleure crédibilité", rapporte La Croix (pages 2 et 3). Deux mois et demi après un premier plan de rigueur, souligne Le Journal du dimanche (pages 2 et 3), le nouveau programme du gouvernement doit mettre l’accent sur l’assurance maladie, la TVA ou encore l’impôt sur les entreprises.

Alors que les mesures présentées le 24 août dernier étaient orientées sur les recettes, celles d’aujourd’hui concerneront les dépenses. Le but : dégager 500 millions d’euros d’économies, Afin d’y parvenir, notent Les Echos (page 2), le gouvernement projette de réduire l’objectif des dépenses de l’assurance maladie de 2,8% à 2,6%, mais sans porter at­teinte au portefeuille des ménages déjà lourdement touché par "deux mesures impopulaires : la réforme du calcul des indemnités d’arrêt maladie (...) et la taxe sur les contrats des mutuelles".

D’après le quotidien économique, "une grande partie de l’effort sera de nouveau demandé à l’industrie pharmaceutique, en faisant baisser les prix des médicaments génériques, jugés plus chers qu’à l’étranger". Près de 200 millions pourraient être dégagés. Outre la baisse des prix de ces médicaments, ajoutent Les Echos, le gouvernement pourrait également "donner son feu vert à des économies (...) comme la réduction de dotations à des fonds (85 millions), ou encore la possibilité pour les hôpitaux de ré­duire leurs frais d’examens de biologie (50 millions)".

Evoquée pendant un temps, l’hypothèse d’une seconde journée de solidarité – qui aurait pu rapporter 2 milliards d’euros – a finalement été abandonnée. En revanche, indique le JDD, "le gouvernement a planché sur une nouvelle contribution des grandes entreprises, celles qui affichent 500 millions d’euros de chiffres d’affaires". Cet impôt pourrait rapporter 1 milliard d’euros.

Enfin, pour faire bonne figure, des coupes dans le budget de l’Etat seront annoncées. Ces mesures "d’exemplarité" prévoient de baisser de 3% les dotations des pouvoirs publics, écrit La Tribune (pages 2 et 3). Cependant, les traitements des fonctionnaires devraient être épargnés.

Les complémentaires jugées "indispensables"
Alors que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2012 est examiné à partir d’aujourd’hui par le Sénat, l’édition 2011 du Baromètre santé de La Banque postale-La Mutuelle générale-La Tribune révèle que "les opinions positives sur le système de santé reculent".

Comme le rapporte La Tribune (page 7), "la satisfaction des Français vis-à-vis du niveau de remboursement de la Sécurité sociale chute à 53% cette année contre 59% l’an dernier et 64% en 2007". Cette insatisfaction se traduit notamment par des reports de soins : faute de moyens financiers, 27% des Français avouent avoir renoncé à certains soins.

Pour l’avenir, nos concitoyens ne sont pas vraiment confiants : 81% d’entre eux estiment que les actes seront moins bien remboursés dans un futur proche. En outre, 55% des personnes se déclarent "plutôt favorables" au déremboursement des produits dont le service médical rendu (SMR) est jugé insuffisant.

Consciencieux et responsables, 9 Français sur 10 déclarent également accepter les médicaments génériques, et 86% disent respecter le parcours de soins coordonnés, même si cette proportion est en recul de 5% par rapport à il y a un an.

Par ailleurs, les Français continuent d’avoir une "bonne opinion globale des assurances santé", ajoute La Tribune. En effet, 77% d’entre eux considèrent les complémentaires comme "indispensables". Si ce score est rassurant, remar­que le quotidien, il est "cependant en baisse de 6 points par rapport à 2010". Les niveaux de remboursement en optique et en dentaire sont particulièrement mis en cause.
Frédéric Lavignette