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La Mutualité vigilante face aux dérives sectaires

Dans sa lutte contre les sectes, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) vient de signer une convention-cadre avec la Mutualité Française. Dans un entretien au figaro.fr, Serge Blisko, le président de cette mission gouvernementale, explique le sens de ce partenariat.

Tout d'abord, rappelle-t-il en s'appuyant sur un récent rapport du Sénat, les dérives sectaires sont de plus en plus courantes dans le domaine de la santé. Un risque réel lorsque 40 % des Français affirment recourir à une "médecine non officielle". Lorsqu'ils sont gravement malades, les patients d'autant plus à la merci de charlatans qui les font parfois douter de "l'efficacité de leur traitement habituel" et les entraînent "vers d'autres solutions parfois dangereuses".

"Ces "gourous de tout poil" profitent également de l'état de la démographie médicale pour s'infiltrer", ajoute Serge Blisko. Face à la progression de déserts médicaux, ces "thérapeutes" peu scrupuleux s'imposent comme des sauveurs car, "faute d'obtenir un rendez-vous rapide avec un généraliste, certains patients alors n'hésitent pas à pousser leur porte".

"Six Français sur dix sont protégés par une mutuelle de la Mutualité Française, soit près de 38 millions de personnes, rappelle le président de la Miviludes. Avec des bureaux dans toute la France, des sites Internet, mais aussi en éditant régulièrement des brochures, ces mu­tuelles sont pour nous un important relais d'information."

Pas d'unanimité pour le contrat d'accès aux soins
Trois jours après son entrée en vigueur, le contrat d'accès aux soins est encore diversement apprécié. Par ce dispositif, rappelle La Croix (page 4), les médecins autorisés à pratiquer des dépassements d'honoraires (secteur 2) s'engagent, s'ils l'ont signé, à respecter les tarifs Sécu pour une partie de leurs actes et à ne pas dépasser un seuil de 100% du tarif de base de la Sécurité sociale. Par exemple, pour une consultation dont la base de remboursement est de 28 euros, le praticien ne doit pas dépasser 56 euros.

En contrepartie de leur engagement, une partie de leurs cotisations sociales est prise en charge par l'assurance maladie. Michel Chassang y voit "une avancée historique avec cet engagement de 10.000 médecins à modérer leurs compléments d'honoraires". Les spécialistes représentent 73% des signataires et sur ce nombre 25,8% exercent sur des plateaux techniques lourds, indique le président du CSMF, qui souligne que "toutes les régions sont concernées".

Bien que conçu pour favoriser l'accès aux soins en maîtrisant les dépassements d'honoraires, le contrat d'accès aux soins ne semble pas convaincre totalement les associations représentant les patients. Certaines émettent déjà des réserves sur son efficacité, à l'image du Ciss. Pour le Collectif interassociatif sur la santé, ce contrat ne permettra pas de régler le problème des médecins qui "dépassent de quatre à cinq fois le tarif de la Sécu". Selon Magali Léo, chargée du dossier de l'assurance maladie dans cette association, ces derniers n'ont en effet aucun intérêt financier "à signer ce contrat auquel ont surtout adhéré des praticiens qui font des dépassements relativement modestes".

Cet avis est partagé par l'UFC-Que choisir, qui, par la voix de son chargé de mission Mathieu Escot, considère que "ce contrat ne s'attaque pas à une des principales causes d'augmentation des honoraires de ces dernières années : les pratiques nouvelles des jeunes médecins qui s'installent beaucoup plus en secteur 2 que leurs aînés". Selon une enquête de l'association de consommateurs, entre juillet 2012 et juin 2013, 63% des jeunes praticiens qui se sont installés avaient choisi ce secteur, succédant à des médecins qui n'étaient que 44% à avoir des honoraires libres.

Autre réserve mise en avant par les associations : sur le nombre de signataires figurent 2.000 praticiens de secteur 1, censés respecter les tarifs de la Sécu. A la faveur de ce nouveau dispositif, ils pourront à leur tour pratiquer des dépassements, ce qui n'était pas le projet.

Frédéric Lavignette