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La Mutualité française reçue à l’Elysée

Parce que "la Mutualité Française reste un interlocuteur obligé pour tout président de la République cherchant à réformer la santé", Nicolas Sarkozy a reçu, hier, Jean-Pierre Davant, commentent ce matin Les Echos (page 2). "Premier acteur de la santé à être reçu après le sommet du 6 février fixant l’agenda des réformes de protection sociale", le président de la Mutualité française a ainsi pu exposer la position des mutualistes sur les projets présidentiels annoncés, notent Les Echos.

Le chef de l’Etat a évoqué avec la délégation mutualiste les "grands chantiers" qu’il compte mettre en oeuvre en matière d’assurance maladie "pour garantir l’accès aux soins de tous les Français" : la mise en place d’agences régionales de santé, la réforme de l’hôpital et le retour à un équilibre de l’assurance maladie. Egalement au coeur de cette discussion : le débat entre solidarité nationale et responsabilité individuelle.

Pour Les Echos, Nicolas Sarkozy "a compris qu’il serait compliqué de redéfinir ce qui relève de l’assurance maladie et ce qui relève des complémentaires (mutuelles, assurances) sans obtenir un accord politique avec Jean-Pierre Davant, ou à tout le moins une non-hostilité". A ce titre, le chef de l’Etat a assuré que la Mutualité serait "pleinement" associée aux concertations qui s’ouvrent.

"Nous sommes ouverts à tout, sans tabou, à condition de ne plus être des payeurs aveugles et de pouvoir influer sur la qualité des soins", relève Jean-Pierre Davant. En même temps, le président de la FNMF a mis en garde contre un "transfert massif de dépenses" vers les complémentaires "qui se traduirait par de très fortes hausses de cotisations".

Autre crainte exprimée : l’instauration d’un "bouclier sanitaire". Ce projet, qui envisage de plafonner les dépenses annuelles restant à la charge des assurés en fonction de leurs revenus, est jugé "dangereux" par Jean-Pierre Davant car il remettrait en cause le principe de la solidarité nationale. Ce bouclier "permettrait de supprimer, en douceur, le dispositif de prise en charge à 100% des affections de longue durée (ALD)", analyse le quotidien économique.

Toutefois, "faute de bouclier", Nicolas Sarkozy prévient que la Mutualité devra "accepter d’autres solutions pour ramener l’assurance maladie à l’équilibre", poursuivent Les Echos. L’instauration d’un ticket modérateur sur les ALD ferait partie des pistes de travail. Les complémentaires pourraient également être sollicitées "dans de nouvelles formes de rémunération des médecins, en échange d’engagements sur la qualité et les tarifs".

Ce thème a également été abordé avec la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) reçue hier par Nicolas Sarkozy après la Mutualité, comme l’indique La Tribune (page 30). Selon son président, Michel Chassang, cité par Le Figaro (page 20), le chef de l’Etat "a confirmé que les caisses maladies étaient vides" et qu’une "réforme de l’organisation du système, y compris de l’hôpital, était indispensable".

La consultation à 23 euros repoussée ?
Le 28 février prochain, se tiendra une réunion conventionnelle entre l’assurance maladie et les syndicats de médecins libéraux, annonce La Tribune (page 31). Même si l’objectif premier de cette rencontre est d’"étudier l’intégration au sein de la convention de deux nouveaux syndicats (MG France et FMF)", il sera également fortement question de la revalorisation de la consultation des généralistes à 23 euros, souligne le journal.

Comme le rappelle La Tribune, cette hausse du tarif de 22 à 23 euros au 1er juin 2008 avait été envisagée en avril 2007 "sous conditions". "Les praticiens devaient en contrepartie" s’impliquer dans les actions de maîtrise médicalisée (baisse des prescriptions de certains médicaments et d’arrêts de travail...).

Or, le compte n’y est pas ! Selon toute vraisemblance, cette augmentation des honoraires ne devrait pas intervenir avant le 1er septembre 2008. Elle pourrait même attendre 2009, commente La Tribune, en cas de nouveau dérapage des remboursements. Selon Martial Olivier-Koehret, président de MG-France, "étant donné le rythme des dépenses de santé, le comité d’alerte a toutes les chances d’intervenir en 2008, comme en 2007"...

Frédéric Lavignette