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L’euthanasie ne sera pas légalisée

L'euthanasie ne doit pas être légalisée en France. Le médecin et député Jean Leonetti (UMP, Alpes-Maritimes) vient de conduire une mission parlementaire d'évaluation de la loi sur la fin de vie de 2005. Il rend aujourd'hui son rapport au Premier ministre, assorti de cette conclusion.

Comme le rappelle Libération (pages 16 et 17), c'est après le décès de Chantal Sébire en mars dernier que ce rapport a été confié au député, avec cette question à la clé : faut-il aller plus loin et toucher à la loi "qui donnait pour la première fois un cadre à la mort médicalisée à l'hôpital ?"

On s'en souvient, cette ancienne institutrice, atteinte d'une tumeur évolutive des sinus, avait demandé à mourir tant ses souffrances étaient atroces. A l'époque, se rappelle le quotidien, le Premier ministre avait demandé au député d'envisager une modification de cette loi 2005 dont il est l'auteur.

Mal connue, explique Le Figaro (page 12), la loi sur la fin de vie de 2005 est encore peu appliquée. Pourtant, personne ne conteste ses principaux axes, parmi lesquels le recours à des sédatifs et des antalgiques pour abréger la vie, ou le refus de l'acharnement thérapeutique.

Pour Jean Leonetti, cette loi, qui est fondée sur le "laisser mourir", ne doit pas être réformée vers une aide à la mort : l'euthanasie est en effet "une ancienne solution moderne" qui n'est pas acceptable de nos jours. "Il y a vingt ans, explique-t-il dans Le Parisien/Aujourd'hui (page 11), l'argument était valable, mais aujourd'hui, avec tous les progrès de la médecine en matière de soins palliatifs et de lutte contre la douleur, elle est dépassée."

A défaut donc de nouvelle loi, le rapport propose de mettre "davantage de moyens à disposition, notamment en communication, pour faire connaître la législation au public et aux médecins", souligne le journal. Pour son auteur, "nous avons surtout besoin de moyens, de changer nos modes de pensées et de fonctionnement vis-à-vis des plus fragiles et des plus vulnérables", argumente-t-il dans un entretien au Figaro.

Les propositions du rapport ne satisfont pas les associations favorables à l'euthanasie. Pour Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité, les conclusions de cette mission "étaient courues d'avance", indique Le Parisien/Aujourd'hui. L'association aurait souhaité que l'euthanasie soit légalisée, sous certaines conditions, comme elle l'est en Belgique ou aux Pays-Bas, rappelle Le Figaro.

Médecins : troisième voie entre salariat et paiement à l'acte
"Combien valent un généraliste, un anesthésiste, un chirurgien, un radiologue, un biologiste ou un psychiatre ?" C'est par cette question impertinente que le Pr Guy Vallancien relance dans une tribune libre, publiée par Les Echos (page 27), le débat sur la rémunération des médecins. Pour ce chirurgien, membre entre autres du Conseil médical et scientifique de la Mutualité française, "le moment est venu" de promouvoir un nouveau mode de rémunération des médecins.

Guy Vallancien dresse un bilan critique de la "dualité des modes de rémunération actuels, source de gabegie financière" : le salariat ou le paiement à l'acte. Le salariat est en effet un mode de rémunération peu gratifiant pour le praticien. Il est payé quelle que soit la nature de son activité. De son côté, "le paiement à l'acte lie le médecin à son malade dans le cadre d'un contrat personnel, mais il expose au risque inflationniste de prescriptions sans réelle pertinence médicale". Guy Vallancien propose donc la création d'un "contrat d'exercice global". Destiné à "tous les praticiens, libéraux comme hospitaliers", il comprendrait "une partie de rémunération à l'acte et une autre au forfait". Ce nouveau mode de rémunération devrait intégrer "la notion de qualité" et permettrait de "financer le médecin à la hauteur de son engagement".

Frédéric Lavignette