L’IVG mieux prise en charge

La ministre de la Santé a présenté hier, à l'occasion de la Journée de la femme, son plan pour améliorer la prise en charge des grossesses non désirées. La mesure principale consiste à augmenter de près de 50% en moyenne les forfaits alloués aux établissements hospitaliers pratiquant des interruptions volontaires de grossesse (IVG). Pour l'IVG en ambulatoire avec anesthésie générale, le forfait passe ainsi de 383 à 625€. Cette hausse, qui représente un effort financier de 27 millions d'euros par an, vise à inciter les hôpitaux à ne plus rechigner sur les IVG chirurgicales, souligne Libération (page 22).

"Enfin une avancée ! Enfin une décision qui répond, d'une part, au rapport de l'Igas de février dernier et, d'autre part, aux gens qui sont sur le terrain", se réjouit, dans L'Humanité (page 9), Marie-Laure Brival, directrice de la maternité des Lilas et militante féministe. Dans ce rapport, l'Inspection générale des affaires sociales alertait sur les difficultés d'accès à l'IVG, mais aussi sur la nécessité d'améliorer la prise en charge des grossesses non désirées et la lutte contre "l'échec contraceptif", selon les termes de Roselyne Bachelot.

Les rédactrices du rapport proposaient 22 recommandations. Parmi celles retenues par la ministre : un programme de formation des médecins à la contraception et l'organisation de consultations gratuites auprès de généralistes volontaires.

Par ailleurs, le gouvernement va examiner, avec les laboratoires pharmaceutiques, les moyens de parvenir à un remboursement par l'assurance maladie de certaines méthodes contraceptives non prises en charge, comme les patchs et les anneaux. "Une bonne nouvelle, car ces méthodes nécessitent un suivi sur la durée, donc un temps d'observation", estime Marie-Laure Brival dans L'Humanité.

Mais quand ces remboursements seront-ils effectifs ? Roselyne Bachelot a simplement promis "un accord dans l'année". L'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) va organiser une campagne d'éducation sexuelle en milieu scolaire en avril en métropole. Elle a déjà débuté en février dans les Dom-Tom. La ministre de la Santé a également annoncé la création d'un groupe de travail sur le sujet avec ses collègues de l'Education nationale et de la Famille. Une annonce jugée encourageante par Carine Favier, présidente du Planning familial, pour qui les mesures annoncées représentent "un bon point d'appui pour travailler".

Dans Libéra­tion, elle réclame également la gratuité des moyens contraceptifs pour les 18-25 ans et se dit vigilante quant au travail des futures agences régionales de santé (ARS), qui auront notamment pour mission de vérifier que les maisons des adolescents développent des entretiens d'information sur la contraception.
"Il y a du positif, certes, mais il ne faut pas oublier d'aller voir ce qui se passe sur le terrain", juge la présidente du Planning sur l'ensemble des mesures annoncées.

Recours contre la hausse du forfait hospitalier
Cinq associations ont déposé hier un recours devant le Conseil d'Etat pour obtenir l'annulation de l'arrêté prévoyant le passage de 16 à 18€ du forfait hospitalier, annoncent Les Echos (page 2). Il s'agit de la Fnath (accidentés de la vie), d'Aides (lutte contre le sida), de l'Adep (personnes handicapées) et de l'Unaf (associations familiales). "Les dépenses de santé non prises en charge par l'assurance maladie, qu'on appelle le ”reste à charge”, ne cessent d'augmenter dans des proportions devenues insupportables pour de plus en plus de ménages, qui rencontrent ainsi des difficultés à faire face à leurs frais de santé", estiment les cinq associations dans un communiqué.

Le recours qu'elles ont déposé s'appuie sur une décision rendue par le Conseil d'Etat en 2009, à propos du décret instaurant les franchises médicales. Le 11e alinéa du préambule de la Constitution de 1946 garantit le droit aux soins et à la santé, rappellent les associations. Selon le Conseil d'Etat, le respect de cet article doit être apprécié, d'une part compte tenu de l'ensemble des sommes laissées à la charge des assurés sociaux (participation forfaitaire, franchise médicale...) et d'autre part, au regard de l'impact sur la situation des personnes les plus vulnérables ou défavorisées.
John Sutton