Installation des défibrillateurs dans les lieux publics : mise en place incohérente

L'installation des défibrillateurs dans les lieux publics aurait-elle été menée sans réelle coordination depuis le décret de 2007 ? Pour plusieurs spécialistes de la santé, la réponse ne fait aucun doute.

L'idée de mettre à la disposition de tous des appareils de défibrillation externe partait pourtant d'une bonne intention, chacun pouvant intervenir pour secourir un concitoyen en difficulté cardiaque. Cependant, explique dans Le Figaro de samedi 11 avril (page 11), pour le président de la Société française de médecins d'urgence, cette mise à disposition laisse apparaître de nombreuses incohérences.

Comme beaucoup des spécialistes "qui ont le plus œuvré pour faire rattraper à la France son retard sur le sujet", le Dr Patrick Goldstein déplore en effet une absence de coordination territoriale dans leur mise en place : "J'entends par exemple parler de défibrillateurs dans des crèches, il n'y a pas de logique de santé publique", relève-t-il notamment. Pour les professionnels de la santé, leur présence doit s'imposer en priorité dans les lieux fréquentés par un public à risque, notamment de plus de 50 ans. "Elle se justifie aussi dans les zones éloignées des secours : campagnes, avions...", poursuit Le Figaro.

Si certains observateurs admettent l'efficacité de ces appareils, ils en redoutent aussi parfois la "gadgétisation". De la sorte explique le quotidien, "certaines installations sont davantage motivées par des arguments politiques ou marketing que médicaux".

Il est d'ailleurs difficile d'en connaître le nombre exact et la répartition. La Direction générale de la santé estime que 2.000 défibrillateurs sont installés en France, dont 620 dans des structures sportives. Selon le Syndicat national de l'industrie des technologies médicales, "qui agrège les données de la dizaine de fabricants", ce sont en revanche "15.470 défibrillateurs automatiques ont été mis en place fin 2008", note encore le journal.

D'après le docteur Jean-Pierre Rifler, chef du service des urgences de Montbard (Côte-d'Or), "on ne sait pas où ils sont ni comment ils sont surveillés". Par conséquent, "en cas de difficulté, si j'appelle un centre 15, il ne pourra pas me dire où est le défibrillateur le plus proche". De toute façon, avance Le Figaro, "la sensibilisation des personnes qui travaillent à proximité des défibrillateurs serait loin d'être systématique".

Complémentaires : chiffre d'affaires en hausse en 2008
Les données qui ont été transmises au Fonds de financement de la couverture maladie universelle (CMU) par les 876 organismes laissent apparaître un marché de 29 milliards de chiffre d'affaires pour 2008, soit une croissance de 6%. Ainsi, rapportent Les Echos (page 27), "depuis 2001, le marché a progressé de 65%, soit un taux annuel moyen de 7,4% sur la période".

Toutefois, les trois familles d'assureurs ne connaissent pas une même évolution de leur chiffre d'affaires. Les cotisations encaissées par les mutuelles ont en effet progressé de 3,06%. Le chiffre d'affaires des institutions de prévoyance (IP) s'est accrû de 9,44% et celui des assureurs de 10,48%. Pourquoi un tel écart ? Comme le notent Les Echos, "il n'est pas impossible que certains aient anticipé dès la fin 2008 l'impact de la hausse de 3,4% de la taxe destinées au financement du fonds, applicable sur l'exercice 2009" et ainsi augmenté leurs cotisations. Ce chiffre ne reflète que l'évolution des cotisations, et non celle du nombre d'adhérents.

Sur une période de sept ans, la part des sociétés d'assurance connaît une croissance lente mais sûre. Depuis 2001, elles ont en effet gagné + 4,6 points pour représenter 26% des parts du marché. Les IP, de leur côté, occupent 18% du marché. Quant aux mutuelles, malgré les mouvements de concentration, elles représentent 85% des organismes complémentaires santé et 57% du marché.

Frédéric Lavignette