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Hôpital : « Les patients n’ont pas souffert des regroupements d’hôpitaux »

"Les patients n'ont pas souffert des regroupements d'hôpitaux", souligne La Croix (page 9) dans son titre. Le quotidien résume ainsi le principal enseignement de l'étude sur "dix ans de recompositions hospitalière en France", menée par Dexia, la banque des collectivités. Celle-ci finance la moitié des projets hospitaliers. Cette enquête montre que, sur la période 1995-2005, 1.146 opérations de recomposition ont eu lieu, impliquant 1.251 hôpitaux et cliniques.

Les maternités se sont retrouvées en première ligne avec la fermeture de 127 services d'obstétrique et une quarantaine de regroupements, note La Tribune (page 4). Il ne reste plus guère de petites maternités, constate aussi Le Figaro-économie (page 22). Les rares qui subsistent se trouvent dans les zones très rurales. La recomposition des services de chirurgie est également bien avancée. En 2005, il restait dans cette spécialité 1.098 établissements, contre 1.463 en 1995.

Seuls 14 cantons sont à plus de 60 kilomètres d'un bloc chirurgical dans un établissement public. Ils seraient 68 si les normes de qualité préconisées par le Conseil national de la chirurgie (au moins 2.000 interventions par an) étaient appliquées à la lettre. Mais, "quand on est trop loin d'un hôpital, on ne va pas s'y soigner", rappelle Emmanuel Vigneron, qui a dirigé l'étude Dexia (Le Figaro-économie). Il préconise donc de définir des "exceptions territoriales" et d'accorder un financement spécifique aux hôpitaux dont la survie est nécessaire pour assurer la continuité territoriale.

Contrairement à ce que certains auraient pu le penser, ces recompositions "n'ont pas entraîné un accroissement de la désertification hospitalière", selon cette enquête. L'offre de soins sur le territoire est restée de densité et de qualité stables. "Pour beaucoup de personnes, les recompositions de l'offre hospitalière sont synonymes d'une dégradation de la couverture des besoins de soins des habitants ; en réalité, une telle assertion n'est pas vérifiée en l'état des restructurations", estiment les auteurs de l'enquête, cités dans La Croix.

L'étude souligne toutefois "une grande hétérogénéité d'une région à l'autre" dans ces mutations hospitalières et "une faible vision d'ensemble", relève La Tribune.

"Les restructurations sont désordonnées, sans vision d'ensemble au niveau national. Il manque une stratégie claire", confirme Emmanuel Vigneron dans Le Figaro-économie. "La poursuite des recompositions doit désormais être examinée avec prudence et intégrer la question de l'accessibilité géographique aux soins", avertissent les auteurs de l'étude.

Hôpitaux : 25.000 emplois créés en 2008
"Le personnel hospitalier ne cesse de croître. La création d'emplois nets dans les établissements publics a été de 25.000 en 2008 et nous allons continuer cette année", a déclaré hier la ministre de la Santé lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, rapporte le quotidien Les Echos (page 2).

Outre l'hôpital public, les 25.000 emplois concernent les établissements médico-sociaux (handicapés et personnes âgées), a précisé Roselyne Bachelot. "L'hôpital a besoin de moyens et nous les lui accordons (...). Mais il a aussi besoin de réorganisation et nous allons la lui donner avec la loi que nous allons examiner dans quelques jours", a-t-elle ajouté devant les députés. L'examen par l'Assemblée du projet de loi "Hôpital, patients, santé et territoires" (HPST) pourrait commencer le 10 février, selon son rapporteur, Jean-Marie Rolland. En présentant ses voeux hier à la presse, la ministre de la Santé n'a pas confirmé cette date, mais elle a qualifié la réforme des hôpitaux d'"urgente, ambitieuse et conçue pour le patient", note L'Humanité (page 7). "Chacun de nos concitoyens pourra, au quotidien, dans ses démarches de santé, sentir les bénéfices" de cette réforme, a insisté Roselyne Bachelot.

John Sutton