Grippe A : pandémie déclarée

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché hier le niveau d’alerte maximale (6) face à la grippe A. Il s’agit de "la première pandémie du XXIe siècle", relève Le Parisien/Aujourd’hui (page 10). Toutefois, soulignent Les Echos (page 6), cette pandémie ne doit pas susciter d’affolement, car le virus H1N1, certes contagieux, est peu mortel.

L’OMS laisse chaque Etat libre de prendre les mesures nécessaires en fonction de la gravité de l’épidémie au niveau local. Elle ne recommande aucune restriction de mouvements de personnes, de biens et de services. Dans Les Echos, le directeur général de la Santé, Didier Houssin, explique que "la France se trouve dans une situation intermédiaire. Elle pourrait donc rester au niveau d’alerte actuel, 5 A".

La décision sera prise ce matin lors de la cellule interministérielle de crise. "Nous sommes préparés, depuis plusieurs années, à une pandémie grippale", assure Didier Houssin. Cet expert précise que "si la situation l’exige", 33 millions de traitements seront distribués dans les pharmacies sur prescription médicale. "On ne va pas fermer les écoles, les transports aériens, interdire les rassemblements et les réunions dans les pays où le virus ne circule pas avec intensité", rassure le Pr Antoine Flahault dans Libération (page 10).

De son côté, Margaret Chan, directrice de l’OMS, demande à tous les pays de se mobiliser. Elle appelle notamment les laboratoires à "s’atteler rapidement à plein régime à la production d’un vaccin pandémique". Selon l’OMS, le virus H1N1 a déjà contaminé 28 774 personnes dans 74 pays et fait 144 morts dans 7 pays.

Margaret Chan ajoute que "les pays où l’épidémie a atteint un pic doivent se préparer à une deuxième vague d’infection", dès l’automne prochain. Elle prévoit la circulation du virus dans le monde entier "pendant un à deux ans". L’OMS craint que ce virus ne mute avec une souche beaucoup plus mortelle, comme le H5N. A ce moment là, la pandémie deviendrait – pour de bon – un danger planétaire.

Arrêt maladie : renforcement des contrôles
Le ministre du Budget, Eric Woerth, souhaite étendre sur tout le territoire l’expérimentation permettant de suspendre les indemnités journalières des salariés en arrêt maladie jugé abusif par un médecin envoyé par l’employeur, soulignent Les Echos (page 4). "On n’a pas besoin d’une intervention d’un médecin de la Sécurité sociale. Ce n’est qu’un problème de justice. Plus on est dans un pays où il y a des droits, plus il y a de contrôles, c’est normal", estime le ministre interrogé par La Croix (page 5). "Je souhaite aussi que pour le fonctionnaire d’Etat, il y ait un contrôle normal, régulier, de l’opportunité des arrêts maladie", ajoute Eric Woerth, note Le Figaro-économie (page 22).

Le ministre tire les enseignements d’une expérimentation engagée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2008. Le nouveau dispositif a ainsi été testé dans onze départements choisis parmi ceux où le montant des sommes versées au titre des arrêts de travail était supérieur à la moyenne nationale en 2006.

Dans les faits, la "contre-visite" médicale, faite à l’initiative de l’employeur, existe depuis 1978. Mais jusque-là, lorsque le médecin contrôleur concluait à une absence de justification de l’arrêt de travail, le salarié était convoqué par le médecin-conseil de l’assurance maladie, avant une éventuelle suspension des indemnités journalières.

John Sutton