croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

François Hollande veut s’attaquer aux « emplois non pourvus »

Conscient de la dégradation du climat social, le président de la Répu­blique a lancé hier, en ouverture de la conférence sociale, un appel à combattre "le doute, la défiance et le désarroi". Dans le domaine des retraites, François Hollande a exclu de reculer l'âge légal de départ et a estimé qu'un allongement de la durée de cotisation était "la mesure la plus juste, à condition qu'elle soit appliquée à tous et à tous les régimes", tout en tenant compte de la "pénibilité".

La pension des fonctionnaires "res­tera bien calculée, sauf surprise, sur les six derniers mois. Et non les dix dernières années comme le préconisait le rapport Moreau", rapporte Le Parisien/Aujour­d'hui (page 4). "Inutile de jeter de l'huile sur le feu", confie-t-on à l'Elysée. Pour Les Echos (page 4), le chef de l'Etat est resté très vague sur ses intentions pour réformer le financement des retraites. "Je n'entends pas fermer le débat avant qu'il n'ait été ouvert", a-t-il fait valoir. Ce qui n'empêche pas Le Figaro de titrer en "une" : "Hollande veut épargner les fonctionnaires." "Si cela est vraiment confirmé, nous nous en réjouirons", a aussitôt réagi Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, note Le Figaro-économie (page 20).

Après l'intervention du président de la République, FO et la CGT ont redit leur opposition à l'allongement de la durée de cotisation, soulignent Les Echos. A l'inverse de la CFDT, qui en accepte le principe, "à condition qu'il se poursuive au rythme de la progression de l'expérience de vie et que soient prises en compte la pénibilité et la situation des jeunes générations". Quant au Medef, il estime qu'il faut à la fois augmenter la durée de cotisation et relever l'âge légal de départ. Suite à la conférence sociale, le gouvernement engagera une série de consultations avec les partenaires sociaux. Elle se déroulera "tout le mois de juillet et si nécessaire, une partie du mois d'août". Le gouvernement "fera connaître ses choix à la rentrée".

Autre sujet majeur de la conférence sociale : l'emploi. C'est la priorité absolue de l'exécutif. L'Elysée maintient son objectif d'une inversion de la courbe du chômage à la fin de l'année. Pourtant, dans ses prévisions publiées hier, l'Insee estime que le taux de chômage va augmenter de 0,1% par trimestre, passant en métropole de 10,4% de la population active en début d'année à 10,7% fin 2013. "François Hollande converti au mythe des emplois non pourvus", titre Libération (page 15), à propos du plan annoncé par le chef de l'Etat pour combler le manque de bras dans certains secteurs. "Il y a à peu près 200.000 à 300.000 recrutements qui sont entamés, puis abandonnés, parce qu'il n'y a pas de candidats suffisamment qualifiés par rapport aux emplois qui sont proposés", a-t-il déclaré. "S'il s'agit d'un différentiel de salaire […], alors comblons-le, cela peut être la responsabilité de l'Etat, parce que mieux vaut un tel soutien que la poursuite d'une indemnisation de chômage, cela coûtera moins cher et cela permettra de favoriser le recrutement, et donc l'embauche", a estimé François Hollande. Autrement dit, en cas de poste proposé à un salaire inférieur à celui que le demandeur d'emploi occupait auparavant, l'Etat pendrait en charge la différence. "Avec le risque d'encourager les entreprises à tirer les salaires vers le bas", commente Libération.

Furosémide : fin d'alerte, mais le mystère reste entier
Dominique Maraninchi, directeur général de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), a annoncé hier la "fin de l'alerte" sur le diurétique Furosémide du laboratoire Teva, après le retrait de toutes les boîtes. Mais le mystère reste entier sur la présence de somnifère dans une boîte, constatée par un seul pharmacien, souligne Libération (page 14). "Il faut rassurer les patients : il y a fin d'alerte, 800 000 personnes prennent du Furosémide […], elles doivent continuer le traitement", a-t-il déclaré hier au micro d'Europe 1. "Maintenant, nous savons que ceux qui ont pris du Furosémide Teva n'étaient pas en danger, qu'on a eu un phénomène isolé", a poursuivi Dominique Maraninchi.

Il reste qu'on peut s'interroger sur le bien-fondé de cet emballement basé sur un seul signalement par un pharmacien de Saint-Malo (Ille-et-Villaine). "Il n'y a pas eu de crise sanitaire. Nous avons retiré immédiatement les produits suspects. On s'oriente désormais vers un fait de négligence ou de malveillance", ajoute dans Le Figaro (page 2) le directeur général de l'ANSM. Mais il a néanmoins précisé que la vérification va "continuer jusqu'à ce que toutes les boîtes soient examinées".

John Sutton