François Hollande : « La reprise est là »

Le président de la République a envoyé un message de confiance à l'opinion publique, hier sur TF1 et France 2, promettant une reprise économique dans les prochains mois, mais n'écartant pas de nouvelles hausses d'impôts. Deux jours après la perte du triple A, le chef de l'Etat n'a pas ménagé ses efforts pour combattre la sinistrose. "Je ne vais pas enjoliver le tableau", a toutefois déclaré François Hollande dans les jardins de l'Elysée.

Toutefois, souligne Libération (page 10), "il y a l'assurance que le second semestre sera meilleur que le premier". Pour cela, le président de la République se fonde sur les rares indicateurs qui ont retrouvé des couleurs ces dernières semaines. La production industrielle ? "Nous sommes, en Europe, le pays où elle repart le plus rapidement."

La consommation ? "Une pe­tite reprise." L'emploi ? "Les embauches commencent à progresser", a annoncé le chef de l'Etat, nuançant cependant son propos par un "c'est très léger".

Le président s'est projeté dans l'avenir en prédisant une France "plus forte" dans dix ans. "Le problème, c'est que François Hollande s'est montré peu concret sur ce que pourrait être le pays à cet horizon, au-delà des investissements d'avenir et de la réforme des retraites", commentent Les Echos (page 2). Il a également réaffirmé qu'il ne pouvait "pas écarter" une hausse des prélèvements, l'an prochain, pour financer la protection sociale, et en particulier les régimes de retraite.

Sur ce dossier, le chef de l'Etat n'a rien dévoilé des contours de la réforme des retraites, qui sera présentée à la fin de l'été, rappelant qu'un "dialogue" était en cours avec les partenaires sociaux. "Nous allons allonger progressivement la durée de cotisation, tout le monde fera un effort", a-t-il cependant précisé.

"L'Etat fera autant d'économies que possible pour éviter les hausses d'impôts", a promis François Hollande, cité dans Libération. "Je ne ferai des augmentations d'impôts que si elles sont absolument indispensables, dans l'idéal le moins possible", a-t-il assuré. Enfin, le chef de l'Etat s'est attaché à clore définitivement la polémique sur le gaz de schiste, en promettant qu'"il n'y aura pas d'exploitation" tant qu'il serait président.

Pas de médicaments en grandes surfaces
"L'hypothèse d'une vente des médicaments, même non soumis à prescription obligatoire, en grandes surfaces, n'est pas envisagée par le gouvernement", a affirmé vendredi la ministre de la Santé, Marisol Touraine, répliquant ainsi à une proposition émise par l'Autorité de la concurrence, destinée à faire baisser les prix, rapportent Les Echos (page 14). Selon son entourage, la ministre est "particulièrement attentive à ce que le circuit du médicament soit sécurisé et que la consommation des médicaments soit maîtrisée". Une organisation de pharmaciens, l'UDGPO, qui a étudié le document de consultation publique sur lequel s'appuie cette proposition, est "stupéfaite de constater le traitement aussi lacunaire que dénué d'impartialité réservé par cette autorité au risque sanitaire".

Depuis vendredi, Les Français peuvent acheter des médicaments sans ordon­nance sur des sites Internet autorisés par les agences régionales de santé (ARS). Pour les ventes de médicaments en ligne, comme dans le cadre d'une possible libéralisation du marché, le "monopole pharmaceutique demeure", c'est-à-dire qu'un pharmacien diplômé devra délivrer les médicaments et assurer un rôle de conseil, même hors d'une officine, a souligné par ailleurs l'Autorité de la concurrence (Le Monde du samedi-dimanche page 9).

John Sutton