Etienne Caniard : « Nous voulons que cet accord ait du sens et soit applicable »

Interrogé hier au journal de 13 heures de France Inter, sur l’accord signé entre les médecins et l’assurance maladie, qui n’a pas finalisé la création du secteur optionnel, Etienne Caniard a réaffirmé la position de la Mutualité Française sur ce nouveau secteur tarifaire. "Nous voulons simplement que cet accord ait du sens et puisse être applicable, a expliqué le président de la Mutualité Française. S’il est signé en l’état, le risque est qu’il ne connaisse aucun succès", c’est-à-dire qu’aucun médecin du secteur 2 n’y adhère et que les complémentaires santé ne puissent diminuer le reste à charge.

"Nous croyons à cet accord à une condition et une seule : c’est que ce soit la fin des dépassements d’honoraires anarchiques du secteur 2", a ajouté Etienne Caniard.

Dans le quotidien régional Sud-Ouest, il explique pourquoi la Mutualité Française n’a pas encore signé l’accord sur la nouvelle convention médicale. "Notre préoccupation n’est pas seulement la rémunération des médecins, mais surtout un meilleur accès de tous aux soins, explique le président de la FNMF. Or, pour l’instant, nous manquons de précisions et de données suffisantes pour nous engager en toute connaissance de cause. C’est pourquoi il nous faut un peu de temps (jusqu’en septembre) pour les rassembler. "

De quelles précisions s’agit-il ? De données précises sur la répartition des médecins et les honoraires pratiqués. "Il faut mettre fin à l’opacité qui maintient le malade dans l’ignorance de ce qu’il va payer et comment il sera remboursé", réclame Etienne Caniard. "Nous souhaitons à la fois une régulation du système de santé et le maintien des règles de solidarité. "

Le président de l’Union nationale des organismes d’assurance maladie complémentaire (Unocam), Fabrice Henry, souhaite également "clairement aboutir" à un accord sur le secteur optionnel. Pour y parvenir, il demande lui aussi "des éclaircissements de la part du gouvernement", rapporte le quotidien La Croix (page 8).

Par ailleurs, l’accord conventionnel sur la généralisation des primes à la performance pour les médecins a suscité peu de réactions, à l’exception des membres du gouvernement. "Dans vingt ans, les bases de cette convention seront toujours valables", s’est félicité Xavier Bertrand, cité dans Le Figaro-économie (page 24). Le ministre et la secrétaire d’Etat à la Santé, Nora Berra, ont tenu à préciser, dans un communiqué, que "ce protocole d’accord, respectueux de l’équilibre de nos finances sociales, sera complété à la rentrée par des travaux sur la mise en œuvre effective du secteur optionnel, en partenariat avec l’Unocam, et la réforme du régime complémentaire des médecins, points sur lesquels les participants à la réunion ont convenu de poursuivre leurs travaux dans les meilleurs délais".

Dans son éditorial, publié en Une, Le Monde salue un accord qui "relève d’un tour de force pour l’assurance maladie". "En acceptant d’être en partie rémunérés en fonction de leurs pratiques médicales, les médecins ouvrent la porte de leurs cabinets à la Sécurité sociale et consentent une forme d’encadrement de leur profession", souligne l’édito. "Mais le dispositif imaginé a des allures d’auberge espagnole quant à la liste des indicateurs qui permettront aux généralistes d’engranger des points pour décrocher une prime. " Reste à savoir, ironise Le Monde, "si, sur un autre dossier épineux, celui des dépassements d’honoraires, un accord pourra être trouvé entre la Sécu et les médecins. En finir avec l’explosion des dépassements d’honoraires pourrait aussi être considéré comme une performance".

Sida : nouvelles stratégies de prévention
La conférence internationale sur le sida, qui s’est achevée mercredi soir à Rome, a ouvert de nouvelles pistes pour contrôler une épidémie qui touche maintenant 33 millions de personnes, souligne Le Figaro (page 11). Mais il faudra du temps et beaucoup d’argent pour obtenir des résultats à la hauteur de l’enjeu. Les 6.000 médecins, chercheurs et experts réunis dans la capitale italienne ont pris connaissance des études réalisées sur un traitement qui, pris tôt, empêche le partenaire d’être infecté ou sur l’utilisation des rétroviraux par des personnes à risque non infectées, à des fins de protection.

C’était "le point fort de la conférence", a estimé la Pre Françoise Barré-Sinoussi, Prix Nobel de médecine en 2008 et qui dirigera la Société internationale du sida (IAS) à partir de l’été 2012. Mais il faudrait encore que les gens se fassent massivement dépister, alors que seulement la moitié des séropositifs savent qu’ils sont infectés.

Les participants ont également assisté à la présentation d’études démontrant le rôle protecteur de la circoncision, qui permet une baisse de 76 % du risque d’infection par le virus, note Le Figaro. Des chercheurs ont présenté des antirétroviraux plus efficaces, moins lourds à prendre (un seul comprimé par jour), entraînant moins d’effets secondaires. Enfin, une étude a démontré que les patients séropositifs d’Afrique recevant un traitement combiné d’antirétroviraux avaient une espérance de vie quasi normale.

John Sutton