Espérance de vie sans incapacité : la France mal classée

Les Français vivent de plus en plus vieux, mais ils ne devraient pas pour autant totalement s’en réjouir. Alors que l’espérance de vie des femmes à la naissance atteint 85,3 ans et celle des hommes 78,2 ans, les dernières années de l’existence sont plutôt pénibles.

Depuis quelques années, grâce à une "information qualitative" qui permet d’étudier les populations différemment, les épidémiologistes sont en mesure d’estimer le temps passé en mauvaise santé, notamment en fin de vie. Avec cette variable baptisée "espérance de vie sans incapacité" (EVSI), notre pays apparaît "très mal classé lorsqu’on examine le bien-vieillir", note Le Figaro (page 11).

Selon les données présentées aujourd’hui par l’Institut national d’études démographiques (Ined), l’espérance de vie sans incapacité des Français est dans la moyenne des 27 pays de l’Union européenne. Elle se situe à la 10e place derrière Malte, la Suède, la Grèce ou encore la Bulgarie.

"Chez nous, indique Le Pari­sien/Aujourd’hui (page 12), les femmes semblent les plus fragilisées au grand âge, car si leur espérance de vie dépasse les 85 ans, leur espérance de santé plafonne à 63,5 ans, l’âge où les petites défaillances commencent à se faire sentir." Les hommes y perdent également, ajoute le quotidien, "mais relativement moins, avec une espérance de bonne santé jusqu’à 61,9 ans".

Selon l’Ined, ces différences entre pays s’expliquent notamment par le niveau culturel, lequel "influe sur l’âge d’entrée dans la dépendance". En somme, précise Le Figaro, plus on est instruit, moins la perte d’autonomie est pré­coce. L’entretien et la surveillance du corps sont en effet des signes d’appartenance de classe et passent par la prévention, l’exercice physique à l’âge tardif, la qualité de l’alimentation ou encore les activités sociales.

L’ambition de ces données, explique Le Parisien/Aujourd’hui, est d’"établir une surveillance à l’échelle européenne afin de comprendre les écarts entre les pays". L’objectif est aussi d’augmenter l’espérance de vie de deux ans d’ici à 2020. Pour cela, les chercheurs mettront davantage l’accent sur les politiques de santé publique et de prévention, et sur l’amélioration de la qualité de vie des personnes âgées, indique Le Figaro. Une démarche d’autant plus nécessaire que "le nombre de personnes dépendantes doublera d’ici à 2060 pour passer de 1,15 million de personnes à 2,3 millions".

Frédéric Lavignette