Enquête d’UFC-Que choisir : les pharmaciens montrés du doigt

Hier, l'UFC-Que Choisir a présenté les conclusions d'un "testing" qui montre que les officines sont loin de respecter leur mission de conseil lors de la vente de médicaments accessibles sans ordonnance.

Cette enquête, explique La Croix (page 5), a été menée auprès de 648 pharmacies dans lesquelles des représentants de l'association de consommateurs se sont présentés pour acheter de l'aspirine et du Rhinureflex®, un médicament contenant de l'ibuprofène. Or, l'association de ces deux produits comporte des risques d'hémorragie du tube digestif, voire d'ulcère.

A l'issue de ces visites, il apparaît qu'"un pharmacien sur deux (48%) n'a pas rempli son obligation d'information sur les risques encourus", rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 9). A Paris, sur 104 établissements, le défaut de mise en garde spontanée atteint même 64%. Et lorsque le client tente d'évoquer la posologie avec les pharmaciens, ajoute le quotidien, seuls 10% d'entre eux reviennent sur leur décision. Pourtant, une alerte sur les risques de cette combinaison médicamenteuse a été donnée par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) fin 2011.

L'autre point soulevé par l'UFC-Que choisir au cours de cette enquête concerne les prix. En effet, indique Le Figaro (page 21), "des écarts allant de 1 à 4 sur le prix de ces spécialités d'automédication" ont été constatés selon les officines. Le prix de la même boîte d'aspi­rine peut ainsi coûter 1,30 euro à Carcassonne et 4,95 euros à Orléans. De surcroît, dans 47% des cas, ces montants sont peu "peu lisibles", voire "absents", complète Le Parisien/Aujourd'hui.

Cette enquête tombe plutôt mal pour cette profession qui doit achever aujourd'hui la négociation avec l'assurance maladie pour l'instauration de nouvelles formes de rémunération. Ainsi, les officinaux seraient rétribués non plus exclusivement en fonction de la quantité de boîtes vendues, mais aussi en fonction "des efforts de conseil, de prévention et de suivi des maladies chroniques", rappelle Le Figaro.

Selon cet accord, les pharmaciens toucheraient donc "des honoraires pour les actes qu'ils réalisent", précisent Les Echos (page 5). Selon Le Parisien/Aujourd'hui, les négociations prévoient également l'octroi d'un euro par ordonnance "financée par l'assurance maladie et les mutuelles" pour "rétribuer le suivi de certains patients mais aussi des conseils accrus".

L'aspirine : remède d'avenir contre le cancer ?
Trois nouvelles études publiées dans The Lancet le confirment : l'aspirine permettrait de réduire la mortalité due au cancer, les risques de tumeurs malignes et le développement des métastases. La première étude montre que le cancer est diminué de 15% avec ce médicament. "La réduction atteint 37% avec une prise pendant cinq ans ou plus", pré­cise Le Monde (page 10). Dès la troisième année de traitement, le bénéfice se fait déjà sentir puisque "l'incidence est alors réduite d'environ un quart".

La seconde étude, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 13), fait "ressortir une réduction de 31% du risque d'adénocarcinome déjà métastasé lors du diagnostic et de 55% d'apparition ultérieure de métastases". Pour le cancer colorectal, la réduction atteint même 74%. La troisième étude se consacre spécifiquement à ce cancer en montrant qu'une prise d'aspirine régulière réduit son risque de 40%.

Comme l'indique Le Monde, toutes les études évoquent le risque de saignement inhérent aux effets de l'aspirine qui fluidifie le sang, un inconvénient qui "tempère les bénéfices de ce médicament". Au début des essais, les hémorragies sont en effet chroniques puis se stabilisent avec le temps et disparaissent après trois ans. Cela dit, "personne ne se hasar­dera à recommander sur la seule base de ces études la prise quotidienne d'aspirine en prévention du cancer", indique-t-on à l'Inca.
Frédéric Lavignette