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Dossier médical : la légitime curiosité des patients

De plus en plus fréquemment, les patients veulent tout connaître de leur état de santé et comprendre, dans le détail, les soins auxquels ils sont soumis. Notamment depuis la mise en place de la loi Kouchner du 4 mars 2002. Ce texte relatif "aux droits des malades et à la qualité du système de santé" les autorise en effet à consulter leur dossier médical.

En cinq ans, signale Le Monde (page 21), "les demandes d’accès au dossier médical, mesure phare de cette loi, ont augmenté de 191%". C’est ce qui ressort d’une enquête de l’Observatoire des droits et responsabilités des personnes en santé, que le quotidien s’est procurée. Dans le détail, souligne cette enquête, avant 2002, 1.107 demandes de consultation de dossiers étaient formulées chaque année. En 2006, elles sont passées à 3.227.

Selon Anne Laude, l’une des directrices de l’Institut droit et santé de l’Université Paris-Descartes à l’origine de cette étude, la demande d’accès au dossier médical ne débouche pas obligatoirement sur un contentieux : 70% des demandes de consultation sont en effet sans suite procédurière. La démarche des patients n’est liée qu’à une volonté de comprendre le traitement qui leur a été prescrit. D’ailleurs, poursuit Le Monde, "dans 42% des cas, cette demande de dossier est formulée pour avoir un deuxième, voire un troisième avis médical".

Accéder à son dossier ne se fait pas sans difficulté car les "modalités pratiques (secrétariat, photocopies...)" peuvent constituer des obstacles à une communication fluide. Et cela sans parler des différentes disciplines qui sont intervenues dans les soins : elles obligent à entreprendre des démarches service par service, note le quotidien.

Pour ce qui est du contenu du dossier, est-il toujours fiable ? En d’autres termes, les praticiens y font-ils figurer franchement toutes leurs conclusions ou leurs hypothèses ? Pour Le Monde, "certains médecins sont poussés à se restreindre", en particulier lorsqu’un diagnostic pousse à la conclusion d’une "mort inéluctable".

Ensuite, quelle confidentialité doit-on garantir à ce dossier ? Normalement, il ne doit pas être communiqué à la famille, à l’employeur ou à l’assurance du malade. Ce que les patients ignorent souvent. Parfois même, le médecin doit rester secret sur la maladie, indique Grégoire Moutel, professeur à l’université Paris-Descartes, qui vient de publier Médecins et patients, l’exercice de la démocratie sanitaire (Editions L’Harmattan). Selon lui, en psychiatrie, "une fois guéri, cela peut être violent pour un ancien patient de découvrir les symptômes qu’il a connus". Près de 10% des réclamations formulées par les patients, concernent d’ailleurs des usagers qui "se plaignent de n’avoir pas eu l’intégralité de leur dossier", précise Le Monde.

Médicaments discount
Crise oblige, les pharmacies discount semblent connaître "un franc succès", note Le Journal de Paris (page II), le supplément Ile-de-France du Parisien/Aujourd’hui.

Ces pharmacies sont des officines semblables à toutes les autres mais elles vendent des médicaments "à prix cassés, avec des marges faibles pour le pharmacien, qui se rattrape grâce à la quantité vendue". Généralement observe le quotidien, elles pratiquent des prix inférieurs de 30% en moyenne à ceux pratiqués dans les pharmacies traditionnelles.

Pour réaliser ces performances, la vingtaine d’officines discount de France (4 en région parisienne) "se regroupe pour acheter leurs médicaments en très grosse quantité et ainsi obtenir des prix réduits auprès des laboratoires". A titre d’exemple, une boîte de Nurofen 200 mg achetée en pharmacie discount coûte 1 euro de moins que dans une officine traditionnelle.

Le succès concerne en premier lieu les médicaments prescrits sur ordonnance mais qui ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale. Ce qui explique certainement pourquoi l’une des deux officines discount de Paris réalise le meilleur chiffre d’affaires de toutes les pharmacies françaises : 34 millions d’euros par an contre une moyenne nationale de 1,2 million d’euros !

Frédéric Lavignette