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Déserts médicaux : l’orage gronde

"Faut-il prendre des mesures contraignantes vis-à-vis des praticiens qui se refusent à aller exercer dans les zones sous-médicalisées", s'interroge La Croix (page 11). Cette intention semble en tout cas se dessiner du côté du gouvernement, entraînant un blocage des négociations entre les syndicats de médecins et l'assurance maladie. Comme le rappelait Le Monde de samedi (page 10), "le ministère de la Santé demande aux médecins de s'engager à travailler ponctuellement dans des zones désertifiées sous peine d'amende". Car la sous-représentation médicale dans certains territoires affecte près de 2,6 millions de Français, poursuit le quotidien.

Il faut dire que la "sociologie" des médecins est en pleine évolution. Actuellement, près de 215.000 praticiens sont en activité. Si leur installation continue d'être aussi tardive et leur départ à la retraite aussi précoce, leur nombre pourrait atteindre 186.000 en 2025. "La densité médicale passerait alors de 340 à 283 médecins pour 100.000 habitants", prévient Le Monde.

Pour pallier ce manque de professionnels de santé, plusieurs options ont été élaborées. Par exemple, indique La Croix, "un praticien d'une zone surdotée pourrait avoir un cabinet secondaire ou un cabinet partagé dans une zone sous-dotée où il irait donc exercer une partie du temps. Il pourrait aussi y prendre des gardes ou des astreintes et participer ainsi à la permanence des soins". En cas de refus d'exercer dans ces déserts médicaux, une taxe de 1% pénaliserait leur revenu.

Pour l'heure, les syndicats de médecins se refusent à une telle mesure, d'ailleurs "la tension est encore montée d'un cran vendredi", notent Les Echos (page 3). Selon le président de la CSMF, Michel Chassang, "le gouvernement fait tout ce qu'il peut pour empêcher la conclusion d'un accord". Une réunion doit se tenir aujourd'hui au ministère de la Santé, en urgence, pour tenter de convaincre les représentants de la profession.

Pour sa part, le gouvernement a promis, en 2006, une revalorisation de leurs honoraires de 1 euro, ce qui porterait à 23 euros la consultation d'un généraliste. "En ces temps de crise, pas question d'accorder ce coup de pouce de 250 millions d'euros sans engagements solides de leur part pour lutter contre les déserts médicaux", observent Les Echos.

CMU : le redoux avant la tempête
Fin novembre, le nombre de bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU) a atteint un peu moins de 4,2 millions, soit une baisse de 5%. Depuis le pic de 4,5 millions atteint en 2007, expliquent Les Echos (page 2), la population couverte par la CMU recule lentement mais régulièrement, de 10.000 à 30.000 personnes par mois.

L'aggravation de la situation économique devrait cependant inverser la tendance. Selon le directeur du Fonds de financement de la CMU, Jean-François Chadelat, "les répercussions de la crise ne devraient pas être visibles avant l'été ou l'automne", époque où les chômeurs arriveront massivement en fin de droits. Pour l'heure, leurs indemnités sont supérieures au plafond des ressources requis pour bénéficier de la CMU (621 euros par mois).

Contrats collectifs : revoir la loi Evin
Les complémentaires santé en entreprises vont devoir s'adapter à l'arrêt que vient de formuler la cour d'appel de Lyon le 13 janvier 2009, rapporte La Tribune (page 19). Cette jurisprudence "oblige en effet l'assureur, en vertu de la loi Evin, à proposer à l'ancien salarié - retraité ou licencié - une couverture identique à celle dont il bénéficiait avant de quitter l'entreprise". Cette même législation fixe à 50% la hausse maximale de la cotisation pour la personne retraitée. Vingt-cinq ans après l'adoption de cette loi, "on est confronté à ses limites", estime le président de l'Union nationale des mutuelles d'entreprises (UNME), Jean-Claude Albinet. Pour lui, cette loi "est à revoir". Par ailleurs, le maintien de la couverture santé et prévoyance des salariés devenus chômeurs, qui devait entrer en vigueur au 1er janvier, a été repoussé au 1er mai.

Frédéric Lavignette