Dépenses de la « Sécu » : de nouveaux déremboursements en vue

Parce qu'ils présentent un "service médical rendu insuffisant" (SMRI), 17 médicaments risquent de voir prochainement leur taux de remboursement passer de 35% à 15%. Cette mesure suggérée par la Haute Autorité de santé (HAS) pourrait être inscrite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2010 que doivent examiner prochainement les députés.

Parmi les produits concernés, dont Le Parisien/Aujourd'hui (page 10) s'est procuré la liste, se trouvent de nombreux vasodilatateurs (Tanakan®, Vitalogink®, Ginkogink®, Carlytene®, Tramisal®), des antihémorroïdaires (Titanoréïne®), des traitements contre les brûlures (Biafine®, Dexeryl®) ou encore des apports en magnésium (Magne B6® et Uvimag B6®).

L'objectif de ce nouveau déremboursement, note le quotidien, est de réduire les dépenses de la "Sécu" dont le déficit devrait atteindre 20 milliards d'euros cette année.

Pour le patient, les conséquences dépendront "de l'attitude des complémentaires santé, indique Le Parisien/Aujourd'hui. Elles peuvent mettre la main à la poche ou choisir de retirer aussi leur prise en charge". Interrogé par le journal, le président de la Mutualité Française avoue être dans l'attente d'une décision officielle du gouvernement pour se prononcer. Cependant, confie Jean-Pierre Davant dans Le Quotidien du médecin de mardi 15 septembre (page 4), "la création d'un taux de 15% est fortement regrettable. Soit le médicament est utile, et on rembourse, soit il ne l'est pas, et il n'a pas à être prescrit ou remboursé".

Au sujet de la hausse du forfait hospitalier, autre point qui figurera dans le PLFSS pour 2010, le président de la Mutualité Française "a eu l'assurance que les arbitrages n'étaient pas rendus", souligne Le Quotidien du médecin. L'idée de cette hausse est confirmée, mais son montant n'est pas arrêté pour le moment. Les mutuelles absorberont-t-elles l'augmentation de ce forfait ? "Si on ne rembourse pas, répond simplement le président de la Mutualité Française, ça accentue les difficultés de millions de familles."

S'il est un point sur lequel la Mutualité souhaite être sollicitée, relève aussi ce journal, c'est celui de "la préparation à la pandémie grippale". Pour Jean-Pierre Davant, le dossier doit être abordé collectivement, "entre le ministère et l'ensemble des complémentaires santé réunies au sein de l'Unocam". A ce titre, une première réunion doit se tenir le 30 septembre "pour examiner selon quelles modalités (prévention, communication, logistique, financement...)" les complémentaires, et en particulier les mutuelles, pourront participer à la lutte contre la grippe A.

Grippe : les vaccins à l'essai
Les résultats de plusieurs essais cliniques sur le vaccin contre la grippe A sont "plus encourageants que prévu". Sanofi-Pasteur vient par exemple de mener un test consistant à injecter une dose de 15 microgrammes du vaccin expérimental sur des adultes de 18 à 64 ans indique Libération (page 13). Résultat : 96% d'entre eux ont eu une forte réponse immunitaire. Même constat satisfaisant en Australie, où 80% des 120 adultes vaccinés ont été immunisés.

Pour Brigitte Autran en charge des recherches-actions sur l'actuel vaccin contre le virus H1N1 à l'Inserm, même si les informations manquent encore, "les résultats intermédiaires montrent qu'une seule injection provoque des titres protecteurs importants, voire suffisants. On pourrait donc se diriger vers des vaccins monodoses, sans double injection".

Ces premiers éléments pourraient dissiper les doutes émis à l'égard de ce vaccin contesté. Comme le soulignent Les Echos (page 10), au coeur de cette contestation, se trouvent "les effets secondaires d'une formulation jugée “expérimentale” par de nombreux professionnels" au prétexte qu'elle comprend un adjuvant.

Il n'en reste pas moins que les vaccins, d'une façon générale, apparaissent comme les "stars" de la médecine préventive, observe le quotidien. Ce que confirme l'économiste de la santé Claude Le Pen, pour qui un vaccin "est le traitement médical qui possède le meilleur ratio coût/efficacité".

Frédéric Lavignette