Dépassements d’honoraires : une « dérive silencieuse » qui met « à mal le système de santé »

Les dernières données de la Cnam sur les dépassements d'honoraires traduisent une dérive de cette pratique. Hier, au cours du journal de 13 heures de France 2, le président de la Mutualité Française a estimé que la publication de ces chiffres permet d'éviter une "banalisation" de ce phénomène. Pour Etienne Caniard, il est nécessaire de "faire cesser les abus les plus criants". Interrogé également par LCI, Etienne Caniard a jugé que cette "dérive silencieuse met à mal le système de santé".

Pour Etienne Caniard, la Sécurité so­ciale doit "réguler, sanctionner, contrôler, imposer des limites", a-t-il affirmé sur France 2. Par ailleurs, il propose de "revaloriser les honoraires dans des domaines où ceux-ci peuvent être justifiés". Ces revalorisations, "auxquelles les mutuelles sont favorables", imposent cependant des contreparties "en termes de qualité et de meilleure prise en charge. C'est ainsi qu'on arrivera à supprimer les dépassements d'honoraires".

Dépendance : comment l'OCDE juge la France
Peut mieux faire. C'est l'appréciation que l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) attribue à la France en ce qui concerne sa gestion de la dépendance. Dans une étude sur les politiques menées par ses pays membres, l'OCDE observe un certain nombre d'aspects positifs dans notre système, indique La Tribune (page 4).

Par exemple, elle note que l'allocation personnalisée d'autonomie (Apa) "offre un double mérite". D'abord, elle varie "selon le niveau de soins de l'usager et selon son revenu". Ensuite, le contrôle mis en place par l'administration sur la façon d'utiliser l'allocation favorise la professionnalisation de ce secteur.

En d'autres termes, poursuit Le Figaro (page 21), l'OCDE apprécie l'"universalisme ciblé" de notre système de protection qui sait également faire appel à l'assu­rance privée. "La France est même le pays où ce marché est le plus important, avec 15% des plus de 40 ans ayant souscrit à ce type d'assurance, devançant les Etats-Unis", pré­cise le quotidien.

Le système français n'est cependant pas exempt de défaut, souligne La Tribune, en particulier si l'on observe l'un des principaux défis qui lui faut relever : son financement. Selon l'OCDE, les dépenses devraient doubler, voire tripler, d'ici à 2050 avec le vieillissement de la population.

Dès lors, "la France devra réfléchir au partage du coût de l'Apa entre les départements (qui la financent à 72%) et l'Etat (à 28%)". De plus, ajoute l'OCDE, l'allocation devra être réévaluée financièrement car la professionnalisation des aidants va inévitablement entraîner "un renchérissement de leurs salaires qui pèsera lourd sur le reste à charge des familles".

Enfin, remarque cet organisme, il sera nécessaire d'adapter le prochain dispositif au développement des pathologies cognitives comme cela se pratique en Allemagne. Néanmoins, le dispositif qui semble le plus apprécié par l'OCDE est japonais, note Le Figaro. "Confronté depuis longtemps au vieillissement de sa population, [le pays] a pris plusieurs initiatives pour recruter, former et pérenniser le personnel de la dépendance".

L'exception francilienne face à la maladie
L'Ile-de-France souffre de maux spécifiques sans que l'on sache vraiment pourquoi. C'est en tout cas ce qui ressort des observations que l'agence régionale de santé (ARS) a rendues publiques hier.

Selon l'ARS d'Ile-de-France, il apparaît, par exemple, que les Franciliennes décèdent beaucoup plus du cancer du poumon que les autres Françaises. Cette surmortalité supérieure de 20% à la moyenne nationale ne frapperait pas les hommes, rapporte Le Journal de Paris (page I) du Parisien/Aujourd'hui.

Pour ce qui est du cancer du sein, une Francilienne a 6% de plus de risque d'en décéder, poursuit le supplément régional du Parisien. Il faut dire que "Paris est l'un des départements où l'on a du mal à mettre en place le dépistage systématique du cancer du sein", avance le Dr Laurent Chambaud, directeur de la santé publique à l'ARS.

Les Franciliens sont également deux fois plus nombreux à contracter la tubercu­lose. On compte en effet 15,8 cas annuels pour 100.000 personnes. D'après l'ARS, ces chiffres s'expliquent par la forte représentation de "populations les plus à risque", c'est-à-dire originaires de pays particulièrement touchés ou en situation de précarité.

En Ile-de-France, le taux de mortalité infantile est aussi supérieur à la moyenne nationale, ajoute l'ARS. Pourtant, il a longtemps été l'un des plus bas du pays.
Frédéric Lavignette