Démographie médicale : améliorer l’accès aux soins en zone rurale

Nicolas Sarkozy a souhaité hier que "chacun puisse avoir accès à une santé de proximité", à l'occasion de la clôture des Assises des territoires ruraux, à Morée (Loir-et-Cher). Les campagnes manquent de médecins et la pyramide des âges des généralistes qui y travaillent laisse augurer d'importants départs en retraite, rappelle le quotidien Les Echos (page 6), sous le titre "L'accès aux soins, une priorité du plan en faveur des territoires ruraux".

Le chef de l'Etat a annoncé la création d'une bourse, dès la rentrée prochaine, pour 400 étudiants en médecine, qui s'engageront à travailler pendant dix ans en zone rurale, souligne Le Parisien/Aujourd'hui (page 11). Selon une étude du ministère de la Santé, le nombre de médecins installés dans les campagnes devrait diminuer de 25% à l'horizon 2030, si rien n'est fait. La ministre de la Santé précisera le montant et les conditions d'attribution de cette allocation, qui s'étalera sur dix ans et permettra l'installation de 4.000 médecins, ajoute Le Parisien. Des départements ruraux, comme la Manche et l'Indre, ont déjà tenté l'expérience, sans compter les initiatives des municipalités rurales.

Nicolas Sarkozy a également indiqué que l'Etat et l'assurance maladie participeraient "au financement de 250 maisons de santé en trois ans", afin de doubler leur nombre, indiquent Les Echos. L'Association des maires de France (AMF) s'est félicitée de voir plusieurs de ses propositions sur l'avenir des territoires ruraux reprises par le président de la République. Parmi celles-ci, l'AMF relève notamment un meilleur accès à la santé, par un encouragement à l'installation de médecins en zone rurale et la nécessité de développer les services à la personne.

La Cour des comptes épingle les feuilles de soins
Le rapport annuel de la Cour des comptes propose des pénalités plus dissuasives à l'encontre des médecins qui recourent en­core aux feuilles de soins papier plutôt qu'aux feuilles télétransmises, souligne Libération (page 15). Le principe de cette pénalité avait été introduit par la loi HPST, votée en 2009, mais la longueur des négociations entre l'assurance maladie et les syndicats de médecins pour en fixer les modalités a retardé son application.

L'assurance maladie annonce que la taxe sera appliquée à partir du mois de mai. Son montant se situera autour de 0,50€ par feuille de soins papier. Malgré la carte Vitale, l'assurance maladie a encore reçu 150 millions de feuilles de soins papier l'an dernier, soit une dépense de 200 millions d'euros, dé­plore le rapport de la Cour des comptes, note Le Parisien/Aujourd'hui (page 4). Si les pharmaciens recourent "quasiment tous" à la télétransmission, ce n'est pas le cas de tous les professionnels de santé, puisque par exemple, à Paris, 44% des généralistes et 60% des spécialistes refusent toujours ce dispositif, souligne Libération (page 15). Une feuille de soins papier envoyée par la poste coûte en moyenne 1,74€ à la Sécu, contre 0,27€ pour une feuille télétransmise.

Les magistrats de la Cour des comptes épinglent également l'Etat, qui a "indûment" transféré la charge du financement de l'indemnisation des victimes du sang contaminé à l'assurance maladie. Enfin, le rapport estime que "malgré des aides publiques massives" (6,6 milliards d'euros en 2009), les services à la personne ont créé relativement peu d'emplois (108.000 en deux ans), souligne La Croix (page 9). "Cette politique très coûteuse a davantage profité aux ménages aisés par le biais d'exonérations (...) qu'aux personnes les plus vulnérables", dénonce la Cour des Comptes. Elle recommande donc de réorienter ces aides "vers les plus fragiles et vers la formation des salariés", pour préparer le défi de la dépendance.
John Sutton