Déficits publics : sombres perspectives

Pour John Mac Cain ou Barack Obama, l’horizon va rapidement s’éclaircir puisque les résultats de l’élection américaine pourraient être connus cette nuit. Ce n’est pas le cas de l’Europe où l’avenir est "sombre", estime le commissaire européen chargé des Affaires économiques et monétaires. Dans Les Echos (pages 1 et 8), Joaquim Almunia juge qu’il existe un "risque réel de récession dans plusieurs Etats membres et l’an prochain, sept d’entre eux connaîtront un déficit excessif". Avant d’ajouter : "Nous devrions toucher le fond à la mi-mai, la reprise étant attendue ensuite".

Il est vrai que les prévisions économiques de Bruxelles, présentées hier, n’invitent pas à l’optimisme. Comme l’explique Le Monde (page 12), "la zone euro et les Vingt-Sept devraient éviter de justesse la récession en 2009, mais leur produit intérieur brut (PIB) va stagner, avec une progression respective de 0,1% et 0,2%". Selon Bruxelles, le Royaume-Uni, l’Irlande et L’Espagne seront les pays les plus touchés par le repli économique. Quant à la France, sa croissance devrait être "nulle" en 2009, à l’instar de l’Allemagne et l’Italie. Conséquence : les experts de la Commission en déduisent une "nette dégradation des finances publiques", relève La Tribune (page 4). "Selon leurs projections, le déficit public de la France s’établira à 3% du PIB cette année, à 3,5% en 2009 et grimpera jusqu’à 3,8% de la richesse nationale en 2010", poursuit le quotidien économique. Rappelons que les critères du traité de Maastricht fixent à 3% du PIB la limite du déficit public.

Ces estimations, si elles se vérifient, rendront difficile le respect de l’objectif fixé dans la loi de programmation des finances publiques pour 2009-2012. "Cette dernière prévoit un déficit public stabilisé à 2,7% cette année et l’an prochain, et réduit à 2% en 2010, avec en ligne de mire un solde public proche de l’équilibre en 2012", rappelle La Tribune. Ces données européennes ne "surprennent pas" le ministre du Budget. Eric Woerth "avait déjà admis un risque de dégradation du déficit en raison de la crise qui pèsera sur les recettes". Hier, sur France 2, le Premier ministre a indiqué qu’il "fera un recalage des prévisions de croissance (..) quand on aura l’ensemble des chiffres permettant de le faire", rapporte La Tribune.

A la crise économique s’ajoute la crise sociale, estiment la CGT, la CFDT, FO, la CFTC et la CGC. Les leaders de ces cinq syndicats ont été reçus hier par le président de la République, indiquent Les Echos (page 4). Tous ont réclamé la tenue d’une réunion "exclusivement consacrée à la situation des salariés face à la crise, l’emploi et le pouvoir d’achat" et envisagent des "actions communes".

Téléphone portable : appliquer le principe de précaution
Médecins, usagers, associations s’inquiètent de plus en plus de la dangerosité des ondes électromagnétiques émises par les téléphones portables. Même si "aucune étude scientifique n’a prouvé avec certitude et de façon consensuelle" l’existence de ces risques, signale La Tribune (page 10). Toutefois, le gouvernement entend appliquer le principe de précaution. Ainsi, note le quotidien économique, le secrétaire d’Etat à l’Economie numérique, Eric Besson, a réuni à la mi-octobre les opérateurs français "pour leur soumettre une charte de bonne conduite". La mesure phare : "Interdire toute publicité ou action de marketing à destination des enfants de moins de 12 ans, la population la plus sensible aux ondes électromagnétiques". Dans cette classe d’âge, le taux d’équipement en mobile est proche de "50%, voire 60% dans de nombreux pays européens". Actuellement, il existe "un vrai défaut d’information", s’insurge Etienne Cendrier, porte-parole de Robin des Toits, une association qui milite pour la "sécurité sanitaire dans les technologies sans fil".

Jean-Michel Molins