Cyberpharmacies : attention danger

Le ministère de la Santé devrait publier prochainement un guide des bonnes pratiques de vente des médicaments sans ordonnance sur Internet, annonce Le Journal du dimanche (page 19). Ce nouveau mode d'achat est en passe de bouleverser le quotidien des Français, qui dépensent déjà 2 milliards d'euros par an en automédication. Internet et, peut-être bientôt, la grande distribution pourraient faire baisser les prix. Pour Le Journal du dimanche, la légalisation de la pharmacie en ligne peut entrainer trois dérives : la surconsommation de médicaments, la diffusion des données personnelles et l'augmentation des contrefaçons.

Avant d'acheter en ligne, chaque internaute remplit un questionnaire sur ses maladies, ses allergies et ses traitements. "Les pharmaciens en ligne devront se conformer au secret professionnel. Or le questionnaire en ligne, comme les mails et les “chats”, n'est pas crypté", s'inquiète Isabelle Adenot, présidente du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens. "Imaginez une personne qui suit un traitement au Tamoxifène®. Si cette information parvenait à des employeurs ou des assureurs, ces derniers comprendraient qu'elle a souffert d'un cancer. Les conséquences seraient considérables", poursuit-elle.

Comment résister à la tentation de commander des médicaments en trop grande quantité ou de composer un dangereux cocktail médicamenteux ?, s'interroge le journal. "Peu de gens savent qu'au-delà de trois cachets quotidiens, le Doliprane® devient toxique pour le foie. Et un homme qui suit un traitement contre l'hypertension risque sa vie s'il prend du Viagra®", met en garde Lucien Bennatan, président du groupement de pharmacies PHR, qui lancera un site orienté sur les services aux consommateurs, en mai prochain. Pour limiter les abus, l'UFC-Que Choisir propose d'interdire aux cyberpharmacies le système de frais de port dégressif en fonction du volume d'achat.

Comment lutter contre les contrefaçons ? Selon l'OMS, la moitié des médicaments proposés sur le Net sont contrefaits et 96 % des pharmacies en ligne sont illégales. Dans son guide des bonnes pratiques, le ministère de la Santé abordera notamment la livraison, la facturation, la publicité et le stockage des médicaments vendus en ligne.

Selon le JDD, ces recommandations sont actuellement examinées par la Commission nationale informatique et des libertés (Cnil). Leur publication, initialement prévue pour le 1er mars, sera accompagnée d'une campagne d'information et de la création d'un logo européen pour signaler les sites autorisés.

Maisons de retraite : concilier sécurité et liberté
En un mois, quatre personnes âgées ont échappé à toute surveillance et ont été retrouvées mortes après avoir quitté leur maison de retraite. Dans un entretien publié dans La Croix (page 3), Michèle Delaunay, ministre déléguée aux Personnes âgées et à l'Autonomie, estime que la liberté d'aller et venir dans les maisons de retraite "doit impérativement primer" et qu'"elle ne peut être restreinte que sur des critères très précis".

"Même une personne atteinte de troubles cognitifs lourds reste une personne libre, insiste-t-elle. Se pose évidemment la question de sa protection." "Le Comité national pour la bientraitance et les droits, que je viens de mettre en place, s'emparera de cette question, qui comporte bien sûr une dimension éthique", annonce la ministre.

Par ailleurs, Michèle Delaunay veut "promouvoir la téléassistance auprès des personnes isolées". "C'est à tort que ces dispositifs sont encore trop souvent perçus comme stigmatisant. Ce point figurera dans notre prochaine loi sur la perte d'autonomie", déclare-t-elle.

John Sutton