Commission Attali : 300 propositions pour améliorer le niveau de vie des Français

Grâce aux 300 propositions concoctées par la commission Attali, la France peut éventuellement changer, annoncent Les Echos (pages 2 et 3). Jacques Attali, l’ancien conseiller de François Mitterrand, a en effet été missionné par l’actuel président de la République, en vue de lui fournir "un projet clefs en main pour donner à la France un point de croissance supplémentaire d’ici à 2012".

Mercredi, Nicolas Sarkozy doit donc découvrir ces mesures qui devraient être appliquées "d’ici à juin 2009". L’objectif est d’abaisser de 7 à 3 millions le nombre de Français sous le seuil de pauvreté, ramener le taux de chômage à 5% de la population active et la dette publique à 55% du PIB.

Selon La Tribune (page 24), "les vingt mesures dites de choc n’ont pas réellement de cible précise, les priorités étant à la fois d’ordre économique et social". De surcroît, poursuit ce quotidien, tous les secteurs sont concernés.

En matière d’enseignement et de recherche, par exemple, la commission Attali propose la création de "dix grands pôles d’enseignement supérieur et de recherche autour de dix campus". Elle suggère également que les crédits alloués soient concentrés sur les meilleurs laboratoires et les meilleurs programmes. De la sorte, la France aura la possibilité d’occuper "une place de premier rang dans les secteurs d’avenir, comme le numérique, la santé, la biotechnologie".

Le programme des écoliers devrait également changer puisque la commission suggère de tout mettre en œuvre pour que "tout élève maîtrise, avant la fin de la sixième, le français, la lecture, l’écriture, l’anglais, le travail de groupe et l’informatique".

La commission souhaite aussi que chacun puisse travailler "aussi tôt et aussi longtemps qu’il le souhaite", poursuivent Les Echos. L’embauche des jeunes pourrait être encouragée grâce à une réduction de cotisations sociales des entreprises.

Dans le même élan, le rapport encourage le développement de l’emploi des seniors. Pour cela il préconise une exonération des cotisations chômage dès 55 ans, la suppression de toute limitation au cumul emploi-retraite, ou encore l’attribution d’un supplément retraite après 65 ans.

Jacques Attali veut aussi en finir avec la lourdeur des réglementations pesant sur certains monopoles, poursuivent Les Echos. Notamment celui des pharmaciens. Pour cela, "l’ouverture des conditions d’exercice des activités de pharmacie, via la suppression du numerus clausus, et la réduction du monopole pharmaceutique aux seuls médicaments sur ordonnance" font partie des mesures phares.

Franchises : résistance
A l’instar de Bruno-Pascal Chevalier, malade du sida, de nouveaux patients viennent d’entamer une "grève des soins" afin de protester contre l’entrée en vigueur des franchises médicales depuis le 1er janvier, rapporte Le Parisien/Aujourd’hui (page 9). Jeudi, un diabétique a de la sorte suspendu son traitement d’insuline pour manifester son opposition à ces mesures, toute comme l’ont fait les signataires des pétitions qui circulent actuellement. Selon Le Figaro (page 21), 300.000 signatures ont été recueillies jusqu’à présent par les organisations à l’origine de ces initiatives, l’Union confédérale des retraités CGT (UCR-CGT) et le Collectif national contre les franchises.

De son côté, Bruno-Pascal Chevalier, a reçu une lettre du président de la République à la suite du courrier qu’il lui avait adressé. Dans sa réponse du 14 janvier, Nicolas Sarkozy l’enjoint à reprendre son traitement tout en justifiant ces franchises, indique Le Monde de samedi 19 janvier (page 11). Il affirme également que "les franchises sont assurables par les organismes complémentaires dans le cadre des contrats responsables, ce qui offre un niveau de protection supplémentaire".

Le président de la Mutualité, Jean-Pierre Davant, a démenti dès vendredi cette affirmation, rapporte L’Humanité (page 4). Outre la perte des avantages fiscaux liés aux contrats responsables, un remboursement des franchises se traduirait au contraire par une augmentation d’au moins "10%, 15% ou 20% du coût de la complémentaire", a-t-il ajouté dans La Dépêche du Midi de samedi. Ces propos ont également été repris dans Le Progrès, La Provence, La Nouvelle République, Paris-Normandie, L’Union-L’Ardennais et La Nouvelle République des Pyrénées.

Frédéric Lavignette