Comment économiser 28 milliards selon la Cour des comptes

La France s’est engagée auprès de la Commission européenne à ramener le déficit à 3% de PIB en 2015. Le gouvernement semble encore y croire, la Cour des comptes un peu moins, excepté si des mesures fortes sont mises en œuvre.

Dans son dernier rapport annuel sur la situation et les perspectives des finances publiques (RSFP) présenté hier, la plus haute juridiction financière souligne en effet la nécessité d’entreprendre de "toute urgence" des mesures d’économies afin de dégager 28 milliards d’euros sur la période 2014-2015, écrivent Les Echos (pages 6 et 7). Dans le cas contraire, "il y a un risque significatif de voir le déficit 2013 dériver autour de 4% du PIB au lieu des 3,7% prévus", écrit le quotidien.

Pour y parvenir, la Cour préconise un "changement de méthode", qui impose des mesures immédiates, rapporte Le Monde (page 6). Parmi elles, figure entre autres "la poursuite du gel du point de la fonction publique sur 2014 et 2015", puisque chaque revalorisation de 1% accroît de 1,8 milliard les dépenses publiques.

Une autre piste consiste à geler les prestations sociales et familiales (à l’exception des minima), "ou du moins les sous-indexer par rapport à l’inflation", note à son tour Le Parisien/Aujourd’hui (page 9). Les dépenses pourraient de la sorte être réduites de 1,5 milliard dès 2014 et de 3,8 milliards sur deux ans. Ces mêmes mesures appliquées aux aides au logement permettraient en outre de dégager 170 millions d’euros d’économies et feraient économiser 165 millions d’euros sur l’assurance chômage.

Par ailleurs, ajoute Le Monde, "sur la foi de prévisions d’inflation révisées à la baisse et d’un rythme de progression des remboursements des dépenses maladie inférieur à ce qu’il était dans les années 2000, les magistrats jugent possible de ramener la progression de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) à 2,4% en 2014 et à 2,3% en 2015 et 2016".

Pour atteindre l’objectif de réduction des dépenses de 900 millions dès l’an prochain et de 1,2 milliard en 2015, la Cour recommande "une modération des tarifs réglementés appliqués à certaines professions de santé" peu exposées à la conjoncture, expliquent Les Echos.

Autre proposition sur les dépenses de santé, très mal reçue par le premier syndicat de médecins, la CSMF : limiter les allègements de cotisations dont bénéficient les médecins libéraux, par exemple lorsqu’ils dépassent les 100 000 euros d’honoraires.

Un prix unique pour tous les médicaments d’une même classe thérapeutique (génériques ou princeps)  figure également parmi les propositions, au même titre qu’une révision des prescriptions de transport sanitaire, où de nombreux abus ont été constatés.

Fécondation in vitro : classement des meilleurs centres
Trente et un ans après la conception d’Amandine, le premier bébé-éprouvette français, L’Express (pages 54 à 63) publie pour la première fois un classement des établissements spécialisés dans le traitement de l’infertilité. En vertu de la loi de bioéthique votée en 2011, c’est à l’Agence de la biomédecine qu’il revenait de diffuser régulièrement ces résultats. Or, observe L’Express, jusqu’ici, ceux-ci sont restés "classés secret défense".

Chaque année, plus de 20 000 enfants naissent grâce à la fécondation in vitro (Fiv). Avec la centaine d’établissements mentionnés pour leur réussite en matière de procréation médicalement assistée, les couples en difficulté "pourront désormais faire leur choix en toute connaissance de cause", ajoute l’hebdomadaire. Un groupe de tête se distingue particulièrement de cette liste, avec six établissements dépassant les 19/20.

En première ligne, avec la note de 19,9, figure "le pionnier, qui a vu naître Amandine" : l’hôpital Antoine-Béclère, à Clamart (Hauts-de-Seine). A sa suite viennent l’hôpital Cochin, à Paris, et le CHU de Tours (Indre-et-Loire), eux aussi brillamment remarqués pour leur maîtrise de la fécondation in vitro. En quatrième position se place la Clinique mutualiste de la Sagesse, à Rennes (Ille-et-Vilaine), qui obtient la note de 19,6 pour les mêmes compétences, suivie du CHU de Montpellier et de la polyclinique Jean-Villar, à Bruges (Gironde).

D’autres établissements mutualistes se distinguent également. En 42e place, l’Institut mutualiste Montsouris (IMM), à Paris, obtient en effet la note de 16,6, alors que la Clinique mutualiste Jules-Verne de Nantes, classée 62e, bénéficie d’un 15,6/20.

Si l’Agence de biomédecine semble réservée sur ce type de classements, c’est qu’elle redoute notamment "un grand mouvement de transhumance vers les centres les mieux évalués", rapporte L’Express. Elle conseille donc aux patients de "bien peser le bénéfice potentiel et les contraintes supplémentaires avant d’opter pour un centre loin de chez eux."

De son côté, le Pr René Frydman, le pionnier de l’assistance médicale à la procréation, modère ces réticences en soulignant que les soins en Fiv sont généralement brefs et ne nécessitent pas de passer la nuit à l’hôpital.

Frédéric Lavignette